Selon cette enquête, plus de la moitié des étudiants en médecine souffrent d'anxiété, et 20% ont eu des pensées suicidaires au cours de l'année. Les violences sexuelles, notamment en stage, demeurent également préoccupantes. L'étude a été publiée le mardi 26 mai par l'Anemf et repose sur les témoignages de 6 663 étudiants, ce qui représente 12% de la population étudiante en médecine en France.
Un état de santé sous pression
Les facteurs contribuant à cette détérioration incluent la surcharge de travail, le stress, et l'isolement, mettant sérieusement à mal la santé mentale des étudiants. Environ 52 % des participants déclarent éprouver un état anxieux, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale de 12,5 % selon les données de Santé publique France (SPF).
A noter également que 13% des étudiants font état d'un état dépressif. Concernant les pensées suicidaires, 20% des répondants indiquent avoir envisagé le suicide récemment, un chiffre alarmant lorsqu'on le compare au 4,2 % signalé dans la population générale, toujours selon SPF.
La réalité des stages
Les stages en milieu médical semblent également être un terreau pour le harcèlement. En effet, 20% des étudiants interrogés rapportent avoir subi des atteintes sexistes durant leurs stages, et 3% indiquent avoir été victimes d'agressions sexuelles, pour la plupart de la part de supérieurs hiérarchiques. L'Anemf souligne que beaucoup de victimes hésitent à signaler ces incidents, pensant que cela n'apportera pas de changement réel.
Préoccupations financières et avis d'experts
Par ailleurs, 20% des étudiants font face à de réelles difficultés financières, et malgré un emploi du temps chargé, 49% d'entre eux occupent un emploi rémunéré pour subvenir à leurs besoins. Ce cumul d'activités exacerbe leur détresse psychologique. D’après des experts de la santé mentale, tels que le Dr Pierre Dussault, la situation mérite une intervention législative urgente. "Il est essentiel de créer un système robuste d'accompagnement pour ces étudiants qui sont la future génération de professionnels de santé," affirme-t-il.
Des solutions à envisager
L'Anemf appelle donc les autorités à mettre en place des mesures pour améliorer la situation, y compris des visites régulières auprès des services de santé étudiante et un soutien psychologique renforcé. La nécessité de réduire le volume de connaissances à acquérir pour le concours de sixième année et de revaloriser les rémunérations des étudiants stagiaires est également mise en avant.







