Alain Orsoni, ancien président de l’AC Ajaccio et figure emblématique du nationalisme corse, a été abattu ce lundi 12 janvier à Véro, lors des funérailles de sa mère. Ce drame tragique survient après des années de tensions et de violence qui ont marqué sa vie.
En 2008, Orsoni avait échappé de justesse à une tentative d'assassinat, déjouée par les forces de l'ordre à l’époque. Le complot ressortait des rivalités sanglantes qui existaient entre divers groupes nationalistes en Corse. Selon des sources locales, cette affaire a été liée à des actes de vengeance dans un contexte de conflits internes.
Au total, six hommes ont été condamnés en 2011 pour leur implication dans cette tentative. Ils étaient liés à la bande du "Petit Bar", qui représente une faction opposée au clan Orsoni. Les tensions autour d'Alain Orsoni ne se sont pas calmées, malgré sa tentative de se distancier de la violence ambiante.
Après cet incident, l’ancien dirigeant s’était procuré une Audi A6 blindée, une mesure symbolique pour rassurer sa famille. Dans une interview accordée au Figaro, il avait exprimé l'absurdité de cette précaution, regrettant que, malgré cela, les menaces demeurent.
Au fil des ans, la douleur d'Orsoni s'est intensifiée avec la perte de plusieurs proches, notamment son avocat, Me Antoine Sollacaro, abattu en 2012. Cette série d’assassinats pesait lourdement sur ses épaules, rendant ses craintes de sécurité encore plus palpables. "J'ai une famille, des enfants, une mère. Plus que la peur, c'est du désespoir", avait-il confié.
Après l'assassinat de Jacques Nacer, le président de la Chambre de commerce de Corse-du-Sud, Orsoni avait envisagé de quitter le club, déplorant un climat de violence en pleine expansion, tel que rapporté par France Inter.
Son décès soulève des questions sur le climat de violence qui règne en Corse et les bonnes intentions qui ont échoué à donner la priorité à la paix. Le spectre des rivalités et des vengeances reste omniprésent, rendant le quotidien des Corses de plus en plus incertain.







