l'essentiel
Que s'est-il réellement passé dans la maison familiale de Cancale (Ille-et-Vilaine) lors de cette nuit tragique du 3 au 4 janvier 2023 ? Trois ans après le décès de Thierry Tellier, ses deux frères, Laurent et Éric, sont accusés d'avoir mortellement frappé Thierry à l'issue d'une soirée riche en alcool. Tout en fournissant des récits confus, ils maintiennent qu'ils n'ont pas reconnu leur frère durant l'agression. Ces détails sont rapportés par Ouest-France.
"Je réagis comme un animal qui a peur"
Au tribunal, Éric Tellier présente une soirée sans tension, décrivant comment la fratrie se rassemblait pour préparer les obsèques de leur père, décédé trois jours plus tôt. "Nous avons partagé des souvenirs d'enfance et discuté de nombreux sujets". En dépit d'une consommation élevée d'alcool, Éric déclare que son frère Thierry ne buvait pas autant, tandis que Laurent admet être alcoolique. Réalisant après coup sa consommation durant la soirée, Éric, déjà affaibli par une opération, regrette d'avoir dépassé les limites.
Le drame survient lorsque Thierry est retrouvé mort, le visage ensanglanté après avoir reçu plusieurs coups à la tête. Éric, en état d'ivresse, révèle ne pas se souvenir des événements, expliquant avoir perdu ses lunettes, ce qui aurait altéré sa perception des personnes présentes.
Laurent, lui, prétend garder des bribes de souvenirs. Réveillé brusquement, il aperçoit une silhouette floue, convaincu qu'un intrus est entré chez eux. "Je ne le reconnais pas, je pense que c'est une hallucination", explique-t-il. Persuadé d'être en danger, il agit instinctivement et s'élance vers cette présence indésirable, enchaînant des gestes qui conduire à la mort de son frère.
"J’ai donné des coups de poing"
Après être tombé au sol, Laurent confirme avoir porté des coups, toujours convaincu qu'il s'agissait d'un inconnu. "J'étais accroupi et j'ai commencé à donner des coups de poing", relate-t-il. Éric aurait également porté des coups, mais se réfugie derrière sa supposée amnésie. Les magistrats questionnent d'ailleurs la pertinence de leur appel aux gendarmes, au cours duquel Laurent parle d'un "homme venu mettre le bazar", mais sans jamais désigner Thierry.
Face à l'accumulation de contradictions, Laurent maintient : "Je ne l’ai pas reconnu" et ajoute son désir de connaître la vérité sur cette nuit tragique. L'audience se poursuit, avec des questions qui soulignent la complexité émotionnelle et familiale de ce drame.







