Le procès en appel de l'affaire de chantage impliquant une sextape à la mairie de Saint-Étienne débute le lundi 8 juin à Lyon. Ce revirement judiciaire intervient après la condamnation de plusieurs acteurs de cette affaire, dont Gaël Perdriau, ancien maire.
A quelques heures de ce nouveau jugement, Gilles Artigues, la victime, nous partage ses émotions.
Comment vous sentez-vous Gilles Artigues ?
Gilles Artigues : Honnêtement, je ressens une grande angoisse. La fatigue s'est accumulée durant ces semaines d'attente. J'ai pris le temps de bien préparer cette audience avec mon avocat, André Buffard. J'avais espéré que tout se terminerait après le premier verdict, mais l'appel de Gaël Perdriau a prolongé cette épreuve.
Qu'est-ce qui vous inquiète le plus à l'approche de ce nouveau procès ?
Ce qui me pèse, c'est de devoir encore réentendre ces mêmes arguments et de faire face à des versions erronées. Lors du premier procès, la vérité a fini par triompher, et cela a été un immense soulagement pour ma famille et moi-même de voir notre statut de victime reconnu.
Un procès difficile à vivre
Gaël Perdriau a été condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis. Quant à Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet, ils font face à quatre ans. Attendez-vous des sanctions plus sévères lors de l'appel ?
Je ne m'attends pas à grand-chose, je fais confiance au système judiciaire. Ce sont les juges qui devront évaluer l'ampleur de la souffrance que j'ai endurée.
Des vérités à dire
Le fait que Gaël Perdriau ne soit plus maire change-t-il quelque chose dans le déroulement de ce procès ?
Je souhaiterais qu'il avoue la vérité, mais il semble choisir la voie de la négation. Malheureusement, j'ai l'impression qu'il cherche à rejeter la responsabilité sur ses proches, notamment son directeur de cabinet, Pierre Gauttieri. J'aurais espéré qu'il montre du remords, qu'il prenne ses responsabilités. Pourquoi ne pas tourner la page ? Je crois sincèrement que les Stéphanois partagent cette fatigue.
Les indemnités et le soutien familial
Au sujet des condamnations, les personnes reconnues coupables devaient vous verser 200 000 euros de dommages et intérêts. Avez-vous reçu quelque chose ?
Pour l’instant, rien. Il est déconcertant de constater que, malgré la décision de justice, aucune compensation n'a été versée, attendant encore l'issue de l'appel.
Une vie à reconstruire
Votre famille vous soutiendra-t-elle encore durant ce procès ?
Absolument. Ils ont été à mes côtés tout au long de cette épreuve. C'est une force incroyable d'avoir leur soutien. Mon épouse a même témoigné en première instance, et cela m'a réconforté.
Comment se passe votre vie aujourd'hui, à Albi ?
Ça n'a pas été simple de quitter Saint-Étienne, où j'ai tant de souvenirs. Même si j'apprécie Albi et que j'exerce un métier enrichissant, une part de moi restera toujours attachée à Saint-Étienne et à ses habitants.







