C'est un témoignage crucial pour l'accusation. Un agriculteur à la retraite, désormais âgé de près de 90 ans, a rapporté avoir vu un homme près d'un étang avec une voiture allemande peu après l'enlèvement de Jonathan Coulom. Au cours de l'audience, ce jeudi 28 mai, il a livré son récit, soulignant des détails qui pourraient s'avérer déterminants pour la suite du procès, qui se tient aux Assises de Loire-Atlantique.
L'incident près d'un étang
Ce témoin, qui garde une mémoire vive malgré le temps qui a passé, a décrit une scène marquante peu de temps après la disparition de Jonathan, en avril 2004. "J'étais en train de semer", a-t-il précisé, se remémorant la période des semis. Atraite par une BMW, il a décidé de se rendre sur les lieux en tracteur, accompagné de son chien. Ce jour-là, à Saint-Molf, à environ six kilomètres de l’étang où le corps de Jonathan serait découvert, il a croisé un homme très grand, sans échanger un mot. "J'en suis sûr", a-t-il affirmé. Le coffre de la voiture était ouvert au moment de sa rencontre, un détail qui pourrait interpeller les enquêteurs.
Sur le moment, l'agriculteur n'a pas fait le lien avec la disparition de Jonathan. "Si j'avais su qu'il y avait un lien, l'homme ne serait pas reparti", a-t-il déclaré avec assurance. Ce n'est que quelques jours après la découverte du corps que l'ancien agriculteur a décidé de se manifester auprès des gendarmes. Malheureusement, une erreur de transmission par un enquêteur a conduit à ce qu'il ne soit rappelé qu'en 2008.
Bien qu'il ne puisse pas confirmer que l'homme qu'il a croisé est Martin Ney, le principal accusé, des éléments troublants émergent, comme le rapport d'un co-détenu en 2017, qui affirmait que Ney parlait d'un agriculteur, d'un tracteur et d'un chien, des détails qui n'avaient pas été divulgués à l'époque.
Le procès, qui a débuté le 19 mai à Nantes, se concentre sur la culpabilité de Martin Ney, accusé de l'enlèvement et du meurtre de Jonathan, un garçon de 10 ans, en 2004. Malgré une condamnation en 2012 pour des crimes similaires en Allemagne, Ney nie toute implication dans cette affaire.
Le verdict du procès est attendu le 4 juin. Martin Ney risque une peine de réclusion criminelle à perpétuité si les preuves le désignent comme coupable.







