Les obsèques d'Elidjah, 15 ans, tué par une rafale de balles dans le quartier de Port-Boyer à Nantes, ont lieu ce jeudi au nord de la ville. Une semaine après cet acte tragique, les résidents de cette communauté peinent à tourner la page, le temps semblant s'être arrêté sous le poids de la douleur collective.
Des milliers de personnes sont attendues dans l'après-midi à la mosquée Arrahma pour rendre un dernier hommage au jeune Elidjah, tué à quelques pas de son domicile. Le 14 mai dernier, alors qu'il se trouvait avec deux amis âgés de 13 et 14 ans, des tireurs ont ouvert le feu sur eux. Selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, bien que la fusillade ait des liens avec le trafic de drogue, les victimes n'étaient pas impliquées dans ces activités criminelles.
Un quartier en état de choc
Au même moment où se déroulent les obsèques, Port-Boyer tente de se remettre du choc. La tranquillité habituelle du quartier a cédé la place à une atmosphère de somber silence. "C'est devenu très calme, même le terrain de foot est vide", constate une mère de famille. Les inquiétudes des parents grandissent, beaucoup envisageant de déménager pour protéger leurs enfants. "Le sentiment d'insécurité est tel que même dans mon salon, nous craignons pour nos vies", déclare un père.
Un hommage qui interpelle les autorités
Pour les habitants, ces obsèques ne sont pas seulement un adieu, mais aussi un appel à la prise de conscience. "Nous devons continuer à rendre hommage à Elidjah et faire entendre notre voix auprès des autorités," dit un résident engagé. Pendant que des fleurs sont déposées en mémoire du jeune, la communauté reste unie, se retrouvant pour discuter de la situation de sécurité, appelée à être renforcée dans la zone. Une marche silencieuse en hommage à Elidjah est prévue pour ce samedi, avec l'espoir qu'elle suscite une réaction des pouvoirs publics.







