Le préfet du Finistère a pris la décision de suspendre de manière urgente les activités d’un élevage porcin à Lannilis. Cette mesure fait suite à la diffusion d’images troublantes par l’association L214, qui a mis en lumière des conditions de vie inacceptables pour les animaux. Les autorités judiciaires, alertées par ces témoignages, ont en outre ouvert une enquête pénale.
L214 a publié une série de photos choquantes montrant des cadavres de porcs en décomposition et des animaux blessés dans un environnement insalubre. Ces images dévoilent un élevage pouvant accueillir plus de 1 600 porcs, où sont visibles non seulement des carcasses, mais aussi des viscères et des ossements dans les mangeoires, témoignant d'une grossière négligence.
Suite à cet audiovisuel alarmant, la direction départementale de la protection des populations a agi rapidement. "Un contrôle officiel inopiné a été réalisé sur place", a déclaré la préfecture. Les observations ont soulevé des préoccupations majeures sur l’accès des animaux à l’eau et la présence de nuisibles, ainsi que sur l’état sanitaire déplorable d’une partie de ces animaux, certains étant gravement blessés, d'autres dans un état de décomposition avancé.
Le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger, a indiqué que cette enquête ciblerait les "mauvais traitements" ainsi que toutes infractions connexes. Selon les premières conclusions, il semble que des non-conformités significatives aient été relevées.
L214 appelle à une fermeture définitive
Sébastien Arsac, directeur des enquêtes pour L214, a qualifié cet élevage de "théâtre d'horreurs quotidiennes" et a insisté sur la nécessité d'une fermeture définitive, considérant que l'élevage intensif reflète des pratiques cruelles inacceptables dans la filière. Face au silence de l’éleveur concernant les problèmes soulevés, la situation s'avère complexe.
Il est à noter que la coopérative Evel'Up, impliquée dans ce cas pour "complicité de mauvais traitements", a exprimé des regrets quant à l'instrumentalisation de ces faits par une organisation anti-élevage. Ils ont reconnu les difficultés de l'élevage, convenant d'une discussion pour préparer l'arrêt de l'activité, annonce faite quelque temps avant les révélations.
En parallèle, L214 a signalé que l’élevage avait perçu, entre octobre 2023 et octobre 2024, près de 22 000 euros d’aides financières, attestant d’un soutien à des pratiques pourtant décriées par la suite.







