Mercredi, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis devant l'hypermarché Auchan de Bagnolet, en banlieue parisienne, à l'initiative de la CGT. Cette action vise à sensibiliser le public à la dégradation des conditions de travail et aux licenciements dans le secteur, qui sont devenus alarmants ces dernières années.
« Auchan est devenu un symbole de cette précarité grandissante. Les plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) se multiplient, et nous devons nous opposer à cette tendance insupportable », a déclaré Mouhsine Amrani, délégué syndical central CGT et employé d'Auchan. Il a ajouté que la situation est d'autant plus inquiétante avec la cession de magasins à des enseignes comme Netto, qui altèrent les accords de travail existants.
« Nous sommes déterminés à maintenir cette mobilisation aussi longtemps que nécessaire », a affirmé le syndicaliste, alors que d'autres points de vente, dont un Electro Dépôt et un magasin Action à proximité, ont également été bloqués. Les manifestants ont quitté les lieux en fin de journée, permettant aux forces de l'ordre d'intervenir et de rouvrir l'hypermarché, après avoir atteint l'objectif de faire entendre leur voix sur les bas salaires du secteur.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, présente sur place, a marqué le coup en remerciant ironiquement la famille Mulliez, propriétaire d'Auchan, pour l'accueil lors de cette mobilisation. Elle a rappelé que plus de 6,1 millions de travailleurs dans 76 branches professionnelles voient leurs revenus inférieurs au salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), mettant en lumière la précarité persistante.
Binet a également souligné l'impact des emplois à temps partiel, qui touchent majoritairement les femmes, notant que beaucoup d'entre elles vivent avec moins de 1.000 euros par mois, ce qui les maintient dans une situation de dépendance économique.
Dans le cadre de cette mobilisation, la syndicaliste a appelé à une mobilisation accrue avant le vote à l'Assemblée nationale d'une loi autorisant certains salariés à travailler le 1er mai, une initiative qui a suscité de vives réactions. Le Sénat a déjà voté en faveur de cette proposition, soutenue par une majorité de droite, sans que celle-ci puisse être adoptée en janvier dernier par manque de temps.
Les rayons de l'hypermarché étaient bondés de grévistes durant cette journée, comme l'a observé un journaliste de l'AFP. Les quelques clients qui s'étaient aventurés dans le magasin avant le blocage ont eu la chance de finir leurs courses, tandis que d'autres se sont heurtés à des caisses fermées. Auchan a par la suite affirmé attendre une solution sécuritaire pour rouvrir, refusant de commenter la situation en raison de son caractère national.
« Action n'est pas en grève » a précisé un porte-parole de la marque, ajoutant que l'établissement a été fermé pour garantir la sécurité de tous. La CGT a récemment signalé que des augmentations salariales jugées dérisoires aggravent les conditions de vie des employés, en les confrontant à une réalité économique défavorable.
Amar Lagha, autre porte-parole du syndicat, a partagé les résultats d'un questionnaire réalisé auprès des travailleurs, révélant que de nombreux employés vivraient avec un reste à vivre de 500 à 700 euros par mois, une situation inquiétante qui met en lumière le manque de temps libre et de loisirs auprès des salariés, avec 80 % des répondants exprimant un besoin crucial de soutien.







