Le vendredi 27 mars, le gouvernement français a présenté un plan d'aide de 70 millions d'euros pour le mois d'avril, principalement destiné aux secteurs gravement affectés par l'augmentation des prix des carburants. Ce plan concerne en particulier les activités de transport, de pêche et d'agriculture, et se distingue par des mesures spécifiques telles que l'octroi de 20 centimes par litre aux transporteurs et pêcheurs.
« Nous avons fait le choix d’aider les secteurs économiques, parce qu’aider les secteurs économiques, c’est aider les Français qui travaillent, » a affirmé la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'énergie, Maud Bregeon, lors de la présentation de ces mesures à Bercy.
Le secteur du transport bénéficie de la plus grande partie du financement avec une aide de 50 millions d'euros destinée aux TPE et PME éprouvées économiquement, qui recevront un remboursement correspondant à 20 centimes par litre de carburant. Cette mesure vise à soutenir les entreprises « justifiant de difficultés économiques majeures, » a précisé le ministre des transports, Philippe Tabarot.
Faciliter le quotidien des pêcheurs est également au cœur des initiatives gouvernementales, qui leur accorderont « 20 centimes par litre » de gazole marin en avril, avec un remboursement sur présentation des factures de carburant, afin de « permettre aux navires de continuer à sortir en mer, » comme l'a déclaré la ministre de la mer et de la pêche, Catherine Chabaud. Cette aide est estimée à 5 millions d'euros pour le mois.
« On ne se ferme pas de porte »
Aux agriculteurs, le gouvernement propose une exonération du droit d'accise sur le gazole non routier (GNR) utilisé dans les tracteurs, équivalente à une réduction de « 4 centimes d'euros par litre, » représentant un coût total de 14 millions d'euros.
Cependant, aucune annonce concrète n’a été faite pour d'autres professionnels tels que les infirmières libérales, dont les besoins avaient été préalablement évoqués. « On ne se ferme pas de porte pour l’avenir, » a souligné Maud Bregeon.
Des voix critiques se sont élevées, comme Pierre Leflaive du Réseau Action Climat (RAC), qui a déclaré : « Les annonces du gouvernement ne répondent pas à l’urgence pour celles et ceux qui sont heurtés de plein fouet par notre dépendance aux énergies fossiles. »
Sur le long terme, le gouvernement prévoira bientôt des mesures pour développer l'électrification de l'économie afin de diminuer la dépendance aux énergies fossiles, dont les prix sont impactés par la guerre au Moyen-Orient. « Nous devons garantir une énergie stable, décarbonée et accessible à tous, » a affirmé Maud Bregeon, indiquant que cette transition passera par le nucléaire et les énergies renouvelables.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également mentionné qu’il envisage des mesures d'accompagnement mensuelles tout en restant vigilant sur l'approvisionnement en carburants, commodités qui pourraient varier en fonction de l'évolution du conflit géopolitique mondial.
Face à la crise énergétique, le gouvernement a d'ores et déjà écarté la possibilité d'une baisse des taxes sur les carburants tout en recherchant des solutions visant à alléger la pression financière des secteurs concernés.







