Le groupe Europlasma, connu pour ses acquisitions de sites industriels en péril comme Valdunes et les Forges de Tarbes, a enregistré une perte nette de 35,6 millions d'euros en 2025. Ce montant dépasse de plus de deux fois celui de l'année précédente, suscitant l'inquiétude de certains parlementaires. Le député LFI Aurélien Saintoul a exprimé son inquiétude en déclarant que "la banqueroute s'avance", remettant en cause les affirmations de la direction de l'entreprise.
Dans un communiqué publié le 12 juin, Saintoul souligne que les récents résultats financiers d'Europlasma contredisent les optimistes discours de ses dirigeants. "Ces comptes réduisent à néant les promesses de stabilité économique", a-t-il affirmé.
Europlasma, qui était initialement spécialisé dans la dépollution, a diversifié ses activités en s'attaquant à des noms prestigieux de l'industrie française, souvent en difficultés.
Des discussions sur ses activités de défense
Les entreprises rachetées incluent des noms clés comme Valdunes, qui produit des roues pour le secteur ferroviaire, et les Forges de Tarbes, un fournisseur stratégique pour la défense nationale. Le groupe a déclaré une montée de son chiffre d'affaires à 70,4 millions d'euros, avec une augmentation de 65,9% comparée à l'année précédente.
Europlasma a reconnu des "tensions de trésorerie" résultant principalement des pertes subies par une majorité de ses activités, un constat alarmant lors de la publication des données financières pour l'année 2025.
En outre, le Tribunal de commerce de Grenoble a ordonné le redressement judiciaire de Satma Industries, l'une de ses filiales, tandis qu'une autre, FP Industries, dédiée au désamiantage, s'apprête à être liquidée.
Le groupe a précisé que l'ouverture de ces procédures ne touche pas directement la société mère Europlasma. En avril, la société a débuté des discussions avec un "industriel français du secteur de la défense" pour envisager une cession de ses activités liées à ce domaine, une négociation qui se poursuit jusqu'au 25 juin.
La Fonderie de Bretagne, autre acquisition d'Europlasma, a récemment subi un incendie qui a interrompu sa production, mais la direction envisage une reprise des activités d'ici juin 2026.
Europlasma fait face à des critiques croissantes, avec des dirigeants récemment auditionnés par une commission parlementaire sur "la prédation des capacités productives par les fonds spéculatifs". Selon Saintoul, "la bulle Europlasma, qui s'est amplifiée au fil des années, menace d'éclater, emportant avec elle des emplois et une part de la souveraineté industrielle française."







