Johanna Rolland, candidate à la mairie de Nantes, annonce un projet ambitieux pour dynamiser le commerce local, en créant une foncière immobilière dédiée à l'acquisition de locaux commerciaux.
Des initiatives similaires ont déjà été mises en œuvre dans des villes comme Saint-Nazaire, où la foncière a été un levier pour encourager l'installation de nouveaux commerces. Cette démarche vise à apporter une réponse concrète aux inquiétudes croissantes concernant la santé du commerce nantais, exacerbées par l'augmentation des « dents creuses » dans les quartiers de la ville. Le taux de vacance commerciale à Nantes a été stable autour de 6 % l'an dernier, bien en deçà de la moyenne nationale de 10,6 %, mais des fermetures récentes comme celles de C&A et Crazy Republic ravivent le débat.
Gildas Salaün, adjoint au maire en charge du commerce, précise que la création de cette foncière ne se limite pas à la lutte contre la vacance commerciale. "La collectivité souhaite prendre une part active dans le dynamisme commercial du territoire, en collaborant avec les chambres consulaires et associations locales", déclare-t-il. L'objectif est d'agir là où les besoins se font sentir, notamment dans des zones avec une offre commerciale déséquilibrée.
Lutter contre la vacance
« Le projet de foncière a le potentiel de lutter contre la vacance, mais surtout d'enrichir l'offre commerciale », explique Gildas Salaün. En devenant propriétaire de certains locaux, la collectivité pourrait utiliser cet atout pour installer des commerces complémentaires et variés, favorisant ainsi une dynamique commerciale diversifiée.
L'enjeu des loyers
Un autre axe de la foncière concerne l'encadrement des loyers commerciaux. "De nombreux commerçants se plaignent de loyers en hausse malgré une situation économique difficile, ce qui entraîne souvent des fermetures", poursuit Salaün. Posséder les murs permettrait à la collectivité d'influer sur les loyers et de préserver l'équilibre du secteur. La foncière se concentrera également sur la rénovation de locaux vétustes et sur des projets de commerce durable.
Un financement par plusieurs acteurs
Le budget pour ce projet reste à déterminer, mais il devrait inclure à la fois des financements publics et parapublics, comme vu à Saint-Nazaire où la Banque des Territoires a été partie prenante du processus. Toutefois, la proposition n’a pas reçu un accueil unanime. Foulques Chombart de Lauwe, un candidat de droite, a exprimé des réserves sur l'efficacité de cette foncière. "Ce qu'il faut, c'est améliorer l'accessibilité, la sécurité et l'attrait de notre ville", a-t-il déclaré.
Alors que la campagne municipale s’intensifie, ce projet de foncière pourrait devenir un enjeu majeur dans les débats public, révélant les visions contrastées sur l'avenir commercial de Nantes.







