Pour Henri-Paul Souchard, l'idée d'une maison de retraite est inconcevable. Une aide à domicile lui fournit le soutien essentiel pour continuer à vivre seul chez lui, à Moncoutant, sans compromettre son indépendance.
Henri-Paul Souchard réside dans la maison où il est né, il y a 73 ans. Ce lieu, chargé de souvenirs où il a grandi et travaillé, est situé à La Ronde, dans la commune de La-Forêt-sur-Sèvre (Deux-Sèvres), loin des commerces et des services. Bien qu'il ne soit pas très âgé, plusieurs handicaps nuisent à sa mobilité. Il est déterminé à rester dans son foyer, un souhait permis par l'aide de diverses structures de soutien. « J'ai lu que 94 % des personnes en âge de partir à la retraite préfèrent demeurer chez elles plutôt que d'intégrer un Ehpad », attire-t-il à son tour, montrant qu'il n'est pas seul.
Chaque mardi, direction Moncoutant, grâce à Familles Rurales, une association nationale d’accompagnement à domicile et de mobilité. Émilie Guitton prend le volant. Ensemble, ils parcourent les routes de campagne pendant une heure et demie, faisant un arrêt à La Poste pour des opérations bancaires, puis direction le supermarché. L'aide d'Émilie ne se limite pas à la porte d'entrée du magasin.
Des excursions de plus en plus complexes
Avec une liste à la main, Émilie guide Henri-Paul dans les allées pour l'aider à trouver ses produits. Atteint d'arthrose aux genoux, de cyphose et de scoliose, chaque déplacement est un défi. Le retraité, qui a longtemps travaillé dans le secteur agricole, doit solliciter les services d'aide à la personne quotidiennement. « Je collabore avec Familles Rurales depuis environ 2019... Avant cela, j'ai vécu pendant six ans en famille d’accueil », précise-t-il. En plus de l’accompagnement pour ses déplacements, Familles Rurales intervient quotidiennement pour son hygiène et le jeudi pour l'entretien du logement. De plus, l’agglomération du Bocage bressuirais lui livre des repas à domicile trois fois par semaine.
Émilie Guitton a commencé dans la structure il y a une quinzaine d'années, sans aucune formation préalable. Tout ce qu'elle sait, elle l'a appris sur le terrain avant de décrocher son diplôme d'Assistante de Vie aux Familles (ADVF), « l'ancien titre d'auxiliaire de vie ». Elle se consacre à des missions d'aide humaine, d'accompagnement et d'entretien ménager. « Nous nous connaissons depuis longtemps avec Henri-Paul », confie-t-elle, rayonnante. Leur relation est empreinte de complicité et de confiance. « J'apprécie mon métier, d'être au contact des gens », ajoute Émilie. « Et rencontrer de charmants petits chats », plaisante Henri-Paul en passant devant son félin.







