Une situation chaotique. Cela résume bien les craintes des gérants d'aéroports européens à l'approche des vacances d'été. En Italie, le déploiement du nouveau système de contrôle aux frontières engendre déjà une série de désagréments.
Le système d'entrée/sortie (EES) enregistre automatiquement les coordonnées et les données biométriques des voyageurs hors UE qui souhaitent entrer dans l'espace Schengen pour un court séjour. Ce dispositif, censé fonctionner depuis le 10 avril, souffre pourtant de nombreuses pannes techniques qui créent des files d'attente interminables, en ajoutant une pression supplémentaire sur les flux réservés aux ressortissants européens.
De nombreux passagers se retrouvent dans des conditions d'attente exédantes, certains allant jusqu'à manquer leur vol, comme ce fut le cas à Milan où plus de 100 passagers d'un vol Easyjet ont vu leur voyage compromis à cause d'attentes de plus de trois heures.
« Nous sommes très inquiets pour l'été »
Alors que le volume de passagers augmente considérablement, des gérants d'aéroports, notamment à Rome, exigent la suspension immédiate du système EES. Marco Troncone, directeur des aéroports de la capitale italienne, évoque un risque élevé de désastre. « Le processus n'est pas compatible avec les volumes de personnes que nous allons accueillir. Ouvrir les vannes est la seule solution viable », précise-t-il au Financial Times.
« L'inquiétude est tangible, je l'évalue à 8 ou 9 sur 10. Nous ne pouvons pas réaliser 100% des enregistrements demandés », continue-t-il. Ces commentaires sont corroborés par Olivier Jankovec, directeur d'ACI Europe, qui estime que « les bornes en libre-service ne fonctionnent pas correctement ».
Les aéroports européens, en juillet et août, risquent d’être submergés par le nombre massif de voyageurs non européens, avec des prévisions de temps d'attente atteignant six heures, selon l'IATA.
Ce problème ne se limite pas à l'Italie. En France, les dispositifs de contrôle sont loin d'être pleinement fonctionnels, ce qui fait craindre des engorgements aux frontières. La Fédération nationale de l'aérien, la Fnam, souligne la nécessité d'accompagnement humain dans la mise en œuvre de l'EES et demande des ajustements réglementaires pour éviter des situations similaires.
Des ajustements s'imposent
Alors que la réglementation exige des autorisations communes pour suspendre les contrôles, d'autres pays, comme la Grèce, ont déjà adapté localement le système pour faciliter le passage des passagers britanniques. Olivier Jankovec insiste sur « la nécessité de suspendre totalement l'enregistrement EES pendant la haute saison estivale ».
Cependant, la réaction des autorités européennes semble insuffisante face aux préoccupations. Un porte-parole de la Commission européenne a souligné que le système EES fonctionnait bien dans l'ensemble des pays de l'espace Schengen, tandis que les temps d'attente prolongés dépendaient de facteurs préexistants comme les pénuries de personnel et les infrastructures limitées.
Il reste à espérer que ces inquiétudes seront prises en compte pour garantir une fluidité aux frontières, en particulier avec l'été qui approche. Un véritable défi pour les aéroports et les passagers en quête d'un voyage serein.







