La France ouvre la voie à un rapprochement industriel avec le Royaume-Uni

Un nouvel élan se dessine entre le Royaume-Uni et l'UE, sous l'égide de la France.
La France ouvre la voie à un rapprochement industriel avec le Royaume-Uni
Un nouvel élan se dessine entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, sous l'égide de la France, qui ambitionne d'intégrer les véhicules britanniques aux futures aides européennes pour les voitures électriques.

Le Royaume-Uni pourrait-il revenir dans le giron européen ? Bien que le Brexit reste d'actualité, un rapprochement dans le secteur industriel semble se matérialiser. La France, en effet, a pris l'initiative de plaider pour une révision du projet de loi européen "Industrial Accelerator Act" (IAA), dévoilé le 4 mars 2026. Ce projet comprend des critères "Made in EU", exigeant qu'au moins 70 % des composants soient d'origine localisée en Europe, ainsi qu'une batterie européenne pour que les véhicules électriques puissent bénéficier de soutiens publics tels que les primes à l'achat.

Le débat se concentre maintenant sur la possibilité d'inclure le Royaume-Uni dans ce cadre, alors que celui-ci ne fait plus partie de l'Union Européenne. Cependant, Paris souhaite que les véhicules assemblés en Grande-Bretagne ne soient pas exclus des futurs dispositifs de soutien. Dans une récente interview avec le Financial Times, le ministre français du Commerce extérieur a exprimé que l'exclusion du Royaume-Uni représente un "problème" pour plusieurs pays membres.

"Il va falloir clarifier ce problème. Les Britanniques ne sont pas dans l'UE, mais ce sont des voisins très proches. Ils sont intégrés dans nos chaînes de valeur, comment résoudre ce dilemme ? Il faut en discuter".

Un changement historique

Les propositions actuelles de la Commission européenne stipulent que les voitures électriques destinées aux flottes entreprises doivent être assemblées au sein de l'UE pour bénéficier d'un soutien public, ce qui inquiète profondément l'industrie automobile britannique. Nissan, par exemple, a signalé que son usine de Sunderland, l'un des plus grands sites automobiles britanniques, pourrait faire face à des menaces si ces règles étaient appliquées sans dérogation.

Ce tournant est révélateur d'une évolution significative de la position de la France. Auparavant, Paris était en faveur de règles strictes sur l'origine des produits dans le cadre de la loi européenne "Made in EU", visant à promouvoir la production locale et à réduire la dépendance à l'égard des importations. L'association française des équipementiers automobiles, CLIFA, insistait sur le fait que le label "Fabriqué en Europe" devait être réservé aux 27 États membres de l'UE. Toutefois, des oppositions sont présentes, comme celle du Medef, qui argue que les industriels français s'appuient également sur des chaînes d'approvisionnement non européennes.

Par ailleurs, d'autres pays comme les Pays-Bas soutiennent également cette ouverture vers le Royaume-Uni. Plusieurs constructeurs allemands, y compris BMW, ont souligné la nécessité de protéger leurs opérations britanniques, comme la production de la Mini. Des experts estiment qu'il pourrait être raisonnable d'inclure le Royaume-Uni dans un cercle restreint d'alliés installés dans des chaînes de valeur européennes, sous certaines conditions.

Cependant, certains États membres restent prudents. Plusieurs gouvernements redoutent que l'élargissement des critères du label "Made in Europe" n'affaiblisse l'objectif de renaissance industrielle européenne. Des eurodéputés militent pour une version plus restrictive, alors que l'IAA s'inscrit dans une stratégie plus vaste de la Commission européenne pour défendre les industries européennes face à la concurrence internationale, en particulier celle qui vient de Chine, notamment dans le secteur des véhicules électriques, où les flottes représentent environ 60 % du marché automobile européen.

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