Le 8 mai, Christine Lagarde a partagé son scepticisme concernant la création de stablecoins adossés à l'euro, soulignant que ces actifs numériques pourraient compliquer le travail de la Banque centrale et exacerber des tensions financières potentielles. Plusieurs grandes banques de la zone euro, dont la Société Générale, explorent actuellement ces crypto-actifs dans l'espoir de rivaliser avec le dollar américain et d'améliorer la position de l'euro sur la scène internationale.
La France plaide pour davantage de stablecoins adossés à l'euro
Les stablecoins sont spécifiquement conçus pour maintenir une valeur stable en étant liés à des monnaies traditionnelles. Cependant, Lagarde a exprimé que les justifications pour promouvoir ces stablecoins en euros sont "bien moins solides" qu'elles ne semblent. Elle a alerté sur leur vulnérabilité à des périodes de crise sur les marchés, augmentant ainsi les difficultés de la BCE à appliquer sa politique de taux d'intérêt de manière efficace.
"Ces compromis l'emportent sur les gains à court terme que les stablecoins pourraient apporter en matière de financement et d'influence internationale", a-t-elle déclaré lors d’une conférence en Espagne.
Pour Lagarde, les stablecoins ne représentent pas un chemin approprié pour accroître l'attrait international de l'euro. Elle a cité l'exemple de la chute de l'USD Coin lors de la faillite de la Silicon Valley Bank en 2023 comme preuve des risques associés à ces actifs. Une étude de la BCE suggère également qu'un passage massif aux stablecoins pourrait affaiblir le crédit aux entreprises et altérer la transmission de la politique monétaire.
Cette vision contraste fortement avec celle de la Commission européenne et certains gouvernements, notamment celui de la France, qui soutiennent que les stablecoins en euros pourraient effectivement renforcer le statut mondial de l'euro. Le ministre français de l'Économie, Roland Lescure, a affirmé récemment que l'Europe nécessitait davantage de stablecoins pour rivaliser avec ceux adossés au dollar, qu'il qualifie de "insatisfaisant" en termes de volume.







