Une atmosphère de prudence s'installe sur les marchés mondiaux alors que les informations contradictoires concernant le détroit d'Ormuz s'intensifient. En parallèle, le pétrole affiche une forte hausse tandis que les Bourses européennes enregistrent des baisses significatives.
Le prix du baril de Brent, référence européenne, est monté de 5,23% pour atteindre 113,83 dollars, tandis que le West Texas Intermediate, référence américaine, a progressé de 3,16% à 105,16 dollars. Cette hausse des prix est alimentée par une récente attaque de drone sur un site pétrolier émirati, suivie d'un démenti de l'Iran concernant des affirmations américaines sur la navigation de navires marchands dans le détroit.
Les autorités émiraties ont signalé un incendie sur le site de Fujaïrah suite à cette attaque, alors que le ministre de la Défense des Émirats a évoqué des frappes de drones et de missiles provenant d'Iran. De leur côté, les Gardiens de la Révolution iraniens ont nié que des navires commerciaux aient traversé le détroit, désavouant ainsi les déclarations du Centcom, qui avait annoncé que deux navires battant pavillon américain l’avaient fait.
Le détroit d'Ormuz, crucial pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, est maintenant sous contrôle iranien depuis les récents conflits. Cette situation a incité Washington à répondre par un blocus de certains ports iraniens.
Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets, a souligné l'incertitude ambiante : "Le flux d'informations provenant du Proche-Orient crée une nervosité sur les marchés, ce qui entraîne une volatilité accrue". Plus tôt, l'agence de presse iranienne Fars a rapporté que l'Iran avait tiré deux missiles sur une frégate américaine, ce qui avait provoqué une tue d'accélération des prix du brut. Cependant, l'armée américaine a démenti cette information.
- Les Bourses mondiales contrastées -
Sur le plan boursier, les investisseurs semblent dans une position difficile, essayant d'évaluer si les résultats des entreprises ou les indicateurs macroéconomiques doivent guider leurs choix d’investissement. En Europe, la Bourse de Paris a chuté de 1,71%, tandis que Francfort et Milan ont respectivement baissé de 1,24% et 1,59%. La Bourse de Londres, quant à elle, a vu ses marchés fermés pour un jour férié.
À Wall Street, après une ouverture prudente, les principaux indices étaient en baisse vers 15H45 GMT : le Dow Jones perdait 0,82%, le Nasdaq 0,33% et le S&P 500 0,37%. Selon Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K., les marchés américains affichent une meilleure résistance que leurs homologues européens, grâce à une exposition solide au secteur technologique et à l'intelligence artificielle.
Bien que les résultats d'entreprises soient globalement impressionnants, surtout concernant l'IA, l'Europe reste à la traîne avec moins d'innovations. À Paris, des entreprises comme Soitec et STMicroelectronics ont montré de belles performances, avec des hausses de 20,91% et 2,15%, respectivement.
Les résultats positives d'Apple, Google, et Microsoft en fin de semaine dernière ont ravivé l’intérêt pour le secteur technologique, longtemps en proie à des doutes sur la rentabilité des investissements dans l'IA. Tandis que l'Asie, quant à elle, a connu un véritable engouement, avec une nouvelle performance record du Kospi à Séoul, soutenue par l'appétit pour les entreprises liées à l'IA et aux semi-conducteurs.
"Les marchés asiatiques semblent totalement dopés à l'IA", conclut Grégoire Kounowski.







