Alors qu'une réunion sur la question des carburants se tient ce matin à Bercy, le président du réseau Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a fait des déclarations percutantes sur France Info. Il a accusé TotalEnergies d'exercer "une concurrence déloyale" en plafonnant ses prix à la pompe, fixés à 1,99 euro/litre pour l'essence et 2,25 euro/litre pour le diesel. Ce plafonnement désavantage nettement les stations-service de Leclerc, qui se retrouvent dans l'incapacité de proposer des prix compétitifs avec toujours, selon lui, une "discrimination" qui pourrait entraîner une bataille juridique.
« En tant que fournisseur, nous avons demandé des tarifs équivalents à ceux appliqués dans leur réseau, mais ils ont ri et nous ont ignorés », a déclaré Leclerc. Il déplore que habituellement, Leclerc soit en moyenne 5 centimes moins cher que les stations Total Access, mais que ce plafonnement change la donne.
"Normalement, c’est de la discrimination, et il peut y avoir une bataille juridique à ce sujet", a-t-il insisté.
Leclerc a également souligné qu’il ne pourrait pas vendre en dessous de 2 euros sans s'exposer à des pertes. Comme il l'explique, "nous sommes déjà à prix coûtant, avec à peine une marge de 1 à 1,5 centime".
La question a été relancée par le ministre du Commerce, Serge Papin, qui a noté sur RMC que des marges avaient été observées au début de la crise, bien que la situation se soit stabilisée depuis. Pour Leclerc, le plafonnement des prix ne résout pas le problème d'accès des consommateurs à des carburants moins chers.
Des positions divergentes sur la stratégie de TotalEnergies
Alors que le gouvernement a exhorté TotalEnergies à pratiquer un "plafonnement généreux", Leclerc considère cette démarche comme une façade, affirmant : "Je ne sais pas depuis quand une multinationale fait un acte 'généreux'". Il souligne que TotalEnergies a réalisé d’énormes bénéfices durant ces dernières années, et que les prix fixés à présent ne devraient donc pas être un fardeau pour les consommateurs français.
"Si j’étais TotalEnergies, je privilégierais les consommateurs français, par patriotisme", a-t-il conclu.
Fin avril, TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars pour le premier trimestre, soit une augmentation de 51 % par rapport à l'année précédente. Ce résultat a suscité des appels à une taxation de ses surprofits. Pour Leclerc, une telle mesure pourrait se heurter à des questions juridiques complexes, révélant les défis qu'implique la taxation des multinationales.
Ce jour-là, Leclerc participera à la réunion de Bercy, s'attendant à ce que le gouvernement prenne la situation au sérieux et cesse de chercher des bouc-émissaires parmi les distributeurs de carburants.







