Le Nutri-Score, instauré pour orienter les choix alimentaires des consommateurs vers de meilleures options, joue un rôle fondamental dans la lutte contre les maladies cardiaques. Une étude récente menée en Europe confirme que les aliments mal évalués sur cette échelle peuvent significativement accroître le risque d'infarctus et d'accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Nutri-Score et maladies cardiovasculaires : un lien établi
Des chercheurs de l’équipe en épidémiologie nutritionnelle (CRESS-EREN), comprenant des membres d'Inserm, Inrae, et des universités parisiennes, ont collaboré avec des scientifiques du Centre international de recherche sur le cancer (OMS-CIRC). Ils ont analysé les données de 345 533 participants issus de sept pays européens.
Les aliments mal notés augmentent les risques d'infarctus et d'AVC
Les résultats de cette recherche révèlent un lien direct entre la consommation d'aliments mal classés sur l'échelle du Nutri-Score et une prévalence accrue des maladies cardiaques. En moyenne, ceux qui consomment plus d'aliments notés D ou E présentent un risque supérieur de développer des maladies cardiovasculaires, notamment l'infarctus du myocarde et l'AVC.
En pratique, les produits classés D et E, souvent riches en sucres, graisses saturées ou sel, sont les plus néfastes pour la santé cardiovasculaire. Ces catégories incluent fréquemment des aliments transformés, des snacks industriels et des boissons sucrées. En revanche, les aliments jugés A et B, riches en fibres, protéines et vitamines, sont à privilégier pour une diète saine.
Risque accru avec la consommation des produits mal notés
Les chercheurs ont suivi ces participants durant 12 ans, durant lesquels 16 214 cas de maladies cardiovasculaires ont été déclarés : 6 565 cas d'infarctus et 6 245 cas d'AVC. Les résultats indiquent qu'une augmentation d’un point sur la note uNS-NPS, un indicateur dérivé du Nutri-Score, se traduit par une hausse de 3 à 4 % du risque de maladies cardiovasculaires.
« Ces résultats soulignent l’importance du Nutri-Score comme outil de santé publique, aidant ainsi les consommateurs dans leurs choix alimentaires pour prévenir les maladies chroniques », affirme Mélanie Deschasaux-Tanguy, chercheuse à l’Inserm.
Nutri-Score : un outil essentiel mais perfectible
Introduit en France en 2017 et révisé en 2024, le Nutri-Score est conçu comme un guide pour les consommateurs. Il vise non seulement à fournir une information rapide sur la qualité nutritionnelle des produits, mais aussi à encourager les industriels à améliorer leurs formulations.
Cependant, en dépit de son adoption volontaire par plus de 1 400 marques en France, les fabricants ne sont pas contraints d'afficher le Nutri-Score sur leurs emballages.
Par ailleurs, l'Inserm souligne la nécessité d'une harmonisation au niveau européen pour garantir l'implémentation obligatoire d'un logo unique et efficace pour le bien-être des citoyens. Mathilde Touvier, directrice de recherche à l'Inserm, estime que les résultats de cette étude fournissent des arguments essentiels pour soutenir l’initiative d’un Nutri-Score obligatoire en Europe.







