Un nouvel étiquetage pour connaître la provenance de chaque tige
Offrir des fleurs restera un geste chargé d'émotion, mais bientôt il sera aussi possible de savoir exactement d'où viennent les tiges qui composent un bouquet. Plusieurs acteurs du secteur floral travaillent à la mise en place d'un système de traçage qui permettra aux fleuristes d'afficher l'origine de chaque variété : pays ou région de culture, mode de production, et, le cas échéant, informations sur le producteur.
Comment fonctionnera la traçabilité ?
Plutôt que de se contenter d'une simple étiquette « origine : importée », les solutions envisagées reposent sur des outils numériques déjà testés par certains distributeurs et producteurs. Elles comprennent :
- un identifiant unique pour chaque lot de fleurs lié à une base de données centrale ;
- un accès client via QR code ou code-barres menant à la fiche de traçabilité (pays, ferme, méthode de culture, certifications) ;
- l'utilisation croissante d'outils numériques (plateformes partagées, blockchain en test) pour sécuriser les informations et suivre la chaîne logistique.
Ces dispositifs permettront d'agréger des données sur la date de récolte, les intermédiaires et les pratiques agricoles, et de les rendre lisibles pour l'acheteur final directement en boutique ou via son smartphone.
Enjeux, bénéfices et limites
La transparence profite à plusieurs niveaux de la filière : elle aide le consommateur à choisir en connaissance de cause (favoriser les fleurs locales, durablement produites ou issues du commerce équitable), valorise les producteurs respectueux de l'environnement et contribue à lutter contre le greenwashing. Du côté commercial, l'affichage d'une origine claire peut devenir un argument de vente et renforcer la confiance envers les fleuristes.
- Avantages : meilleure information pour le consommateur, soutien aux filières durables, traçabilité améliorée en cas de problèmes sanitaires ou de qualité.
- Limites : coût et complexité pour les petits producteurs, multiplicité des acteurs impliqués, nécessité d'une standardisation des formats et de garanties sur la fiabilité des données.
Des certifications existantes (labels environnementaux et sociaux) pourront être intégrées aux fiches de traçabilité pour apporter des gages complémentaires. Cependant, la réussite d'un tel dispositif passera par la coopération entre producteurs, importateurs, grossistes et distributeurs, ainsi que par des solutions techniques adaptées aux réalités économiques du secteur.
À terme, cette transparence accrue pourrait encourager une consommation plus responsable des fleurs, favoriser les circuits courts et pousser la filière à améliorer ses pratiques agronomiques et sociales. Dans l'immédiat, des expérimentations se multiplient et devraient permettre d'affiner les outils et les standards avant un déploiement plus large.







