Les chenilles, jeunes stades de nombreux papillons, peuvent dévaster en peu de temps des plants fragiles ou produire une défoliation importante. Si elles font partie de l'équilibre naturel, leur prolifération nécessite des réponses ciblées pour protéger les récoltes sans sacrifier la biodiversité. Voici des méthodes éprouvées et respectueuses de l'environnement pour limiter leurs dégâts.
Prévenir et surveiller
La prévention est la première ligne de défense. Un potager en bonne santé attire des prédateurs naturels (oiseaux, syrphes, guêpes parasitoïdes) et résiste mieux aux attaques. Adoptez ces pratiques :
- Inspectez régulièrement les feuillages au printemps et en été pour repérer œufs et jeunes chenilles.
- Installez des pièges à phéromones au printemps pour surveiller et piéger certains papillons et ainsi empêcher la ponte.
- Retirez et détruisez les feuilles ou rameaux fortement contaminés, et ramassez les chutes de feuilles où les larves peuvent hiverner.
Traitements ciblés selon l'espèce
Différentes espèces exigent des réponses adaptées. Pour les hyponomeutes (ergs ou teignes) et autres chenilles nicheuses, des mesures hivernales et saisonnières sont efficaces :
- Sur les troncs : poser une bande d'argile ou de colle en hiver limite la montée des insectes et empêche certaines larves d'accéder aux frondaisons. En mai, les pièges à phéromones réduisent la reproduction.
- En cas d'attaques massives : le Bacillus thuringiensis (Bt) est un insecticide biologique spécifique des chenilles. Appliqué au moment de la ponte et sur les jeunes larves (généralement juillet-août pour certaines espèces, avril-septembre pour d'autres), il est très efficace et respecte la plupart des auxiliaires s'il est utilisé correctement.
Pour les chenilles défoliatrices, intervenir tôt est essentiel : couper les parties touchées, ramasser les nids et appliquer Bt sur les jeunes stades pour stopper la progression. Les traitements chimiques doivent rester une solution de dernier recours, réservée aux grandes cultures ou aux infestations incontrôlables, en respectant strictement les recommandations et les périodes de floraison pour protéger les pollinisateurs.
Remèdes naturels et gestes simples
Plusieurs préparations maison et pratiques peu agressives aident à limiter les populations :
- Savon noir dilué dans de l'eau tiède : pulvérisé sur les chenilles, il peut compromettre leur mobilité. Testez d'abord sur une feuille pour éviter la phytotoxicité.
- Purins de plantes (ortie, absinthe) : utilisés en pulvérisation, ils repoussent certains ravageurs et stimulent la vigueur des plantes.
- Infusion ou macération d'ail : répulsive et facile à préparer, elle peut décourager la ponte et l'alimentation des larves.
- Huiles essentielles (menthe poivrée) mélangées à une huile végétale : utilisées très diluées, elles peuvent dissuader certains insectes, mais attention aux concentrations et évitez l'application en plein soleil.
Remarque importante : certaines pratiques évoquées en jardinage populaire, comme l'utilisation de bière, sont davantage efficaces pour les limaces que pour les chenilles. De même, des solutions comme le vinaigre dilué peuvent aider ponctuellement mais risquent d'endommager le feuillage si elles sont trop concentrées ou appliquées en période de forte chaleur.
Enfin, favorisez la présence d'auxiliaires (nichoirs, bandes fleuries, haies mellifères) et pratiquez la rotation des cultures : ces gestes simples renforcent la résilience du potager et limitent durablement les attaques de chenilles.







