De nos jours, cultiver des espèces potagères, qu'elles soient modernes ou anciennes, constitue non seulement une aventure gustative, mais également un acte de préservation du patrimoine génétique végétal. En cultivant ces variétés oubliées, vous participez à leur sauvegarde, ce qui représente une belle éthique.
Le cadre juridique des semences en France
À l'inverse de l'idée de liberté que l'on pourrait avoir du jardinage, la production et la commercialisation de semences sont soumises à une réglementation stricte. En France, le Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS) et le GEVES (Groupe d'Étude et de Contrôle des Variétés et des Semences) gèrent le catalogue officiel des espèces et variétés potagères, créé en 1932. Ce dispositif a pour but d’assurer la bonne identification des graines vendues et de garantir aux acheteurs la qualité de leur achat.
Le GEVES, un groupement public, réunit des organismes comme l'INRA et le Ministère de l'Agriculture. Mais cette réglementation pose question, car elle remet en cause la place des variétés anciennes. En 1997, une liste spécifique fut créée pour faciliter la vente de ces semences, mais elle a été remplacée par une « liste européenne », restreignant leur vente à de petits conditionnements, rendant leur coût prohibitif pour les jardiniers professionnels.
Au niveau européen, toutes les variétés doivent être inscrites au catalogue pour pouvoir être commercialisées. La réglementation, souvent complexe et basée sur des décrets, manque de clarté tant au niveau national qu'européen. Pour plus d'informations, le Réseau Semences Paysannes propose des ressources utiles sur la protection des semences ainsi que sur les pratiques de production et d'échange.
Pour des semences libres et biodiversifiées
L’association Kokopelli, fondée en 1999, se bat pour la libération de la semence et critique le cadre légal trop restrictif qui limite la diversité des variétés disponibles, imposant des normes qui nuisent à la biodiversité. Elle propose une vaste gamme de semences biologiques, libres et reproductibles, appelant à former une communauté de jardiniers prêts à échanger des semences non conformes aux normes actuelles. De nombreux petits producteurs et réseaux d’échange existent également, offrant des alternatives pour ceux qui souhaitent cultiver des variétés rares.
Ainsi, même si Kokopelli est emblématique, il est primordial de rechercher des ressources locales, à travers les plateformes d'échange comme Graines de Troc, pour soutenir une agriculture diversifiée et durable.
Les droits du jardinier amateur sur ses graines
Les jardiniers amateurs, n'ayant pas l'intention de commercialiser leur production, ont la liberté de cultiver leurs propres semences bio. Ils peuvent utiliser des variétés non inscrites et échanger des graines, ce qui leur assure une certaine autonomie. Pour cultiver leurs porte-graines, quelques règles sont à suivre :
- Choisissez des plants sains, exempts de maladies ou de nuisibles.
- Effectuez un mélange de graines provenant de plusieurs plantes pour préserver la diversité.
- Évitez les porte-graines hybrides F1, qui peuvent entraîner une perte de fertilité et de diversité génétique.
- Favorisez les variétés autogames telles que les haricots, tomates et laitues, pour faciliter la récolte de graines.







