Depuis que le Canada a simplifié l'accès à la nationalité par filiation, un grand nombre d'Américains se lancent dans la recherche de leur arbre généalogique, espérant mettre la main sur ce qu'ils appellent un "passeport de secours". Ce phénomène, selon la BBC, témoigne d'un changement profond dans la perception de la nationalité.
À compter du 15 décembre 2025, les "Canadiens perdus", c'est-à-dire ceux nés ou adoptés à l'étranger de parents canadiens nés eux-mêmes en dehors du pays, peuvent aspirer à devenir citoyens canadiens par filiation. Cette nouvelle loi ouvre la voie à une transmission de la citoyenneté au-delà de la première génération, offrant ainsi de nombreuses opportunités inattendues.
Face à une polarisation politique croissante aux États-Unis, des milliers d'Américains fouillent leur histoire familiale dans l'espoir d'obtenir un “passeport de secours”, comme le rapportent les médias. Selon la BBC, “à l'échelle mondiale, chacun se penche sur ses archives familiales, les actes de naissance et les ressources généalogiques pour acquérir une nationalité supplémentaire.”
Un “filet de sécurité”
Le mouvement n'est pas restreint aux États-Unis. Au Royaume-Uni, par exemple, les demandes de passeports irlandais ont explosé suite au référendum du Brexit en 2016. En vertu des règles irlandaises, “toute personne ayant un parent ou un grand-parent irlandais né en Irlande a droit à la nationalité irlandaise”. Entre 2017 et 2020, plus de 350 000 passeports irlandais ont été attribués aux Britanniques désireux de conserver leur liberté de circulation en Europe.
En Italie également, l'enthousiasme pour la naturalisation par filiation a bondi. Un arrêté de 2025 a limité l’attribution automatique de la nationalité italienne aux descendants d’émigrés à la deuxième génération, introduisant des conditions supplémentaires. De même, une vague d’émigration a vu de nombreux Vénézuéliens, fuyant une crise aiguë, obtenir la nationalité espagnole grâce à leurs liens familiaux, avec plus de 35 000 demandes en 2024 selon les statistiques officielles.
Au-delà des frontières, l'idée du double passeport représente une redéfinition cruciale de la nationalité. La BBC souligne qu'autrefois, le passeport était uniquement lié à l'origine de son détenteur, mais il est désormais un déterminant des opportunités de voyage, de travail et de résidence.
Ce changement s’inscrit dans un contexte mondial d'insécurité politique et économique. Pour Kristin Surak, professeure à la London School of Economics, “la citoyenneté est perçue comme une police d’assurance.” Un second passeport n'est plus qu'un simple document d'identité : “c'est un filet de sécurité dans un monde incertain.”







