Un sourire drôle, une casquette blanche et de simples chaussettes : voilà le portrait de Paul Pradier, un ancien SS dont l'histoire a été tirée de l'ombre par Frédéric Albert. Loin du simple ami de la famille, cet homme, originaire de Montagrier, en Dordogne, était un agent du Sipo-SD, le service de renseignement de la SS. Cette révélation détonante, qui a émergé après son décès en 2018, a pris les descendants de Paul par surprise, remettant en question leur mémoire familiale.
Le livre Le Dernier Gestapo, publié en autoédition, a remporté un accueil inattendu, atteignant des milliers d'exemplaires vendus. Au gré des chapitres, Albert s'est plongé dans les archives pour resituer Paul Pradier dans son véritable contexte historique, c'est-à-dire en tant que complice lors des actes de déportation et d'attaques contre les résistants français.
Sa responsabilité dans des massacres en Dordogne, comme le massacre des Piles, a été attestée par des historiens tels que Patrice Rolli, révélant ainsi l'horreur d'un passé longtemps camouflé par la routine d'un retraité aimable. « Comment le ‘brave petit Paul’ a-t-il pu commettre de telles atrocités ? » questionne Albert, pointant du doigt cette dichotomie troublante.
Profitant d'une visibilité accrue, la maison d'édition Tallandier a choisi de republier cette histoire avec une perspective enrichie, intitulée Ce bon Monsieur Paul. Ce nouveau titre, plus intime, explore non seulement l'héritage sombre de Pradier mais également les répercussions sur sa famille et le droit à l'oubli. « Comment peut-on pardonner à celui qui a trahi tant de vies ? », s'interroge Albert.
Le livre sera orné de commentaires d'historiens et de nouvelles découvertes, réadaptant l'image originelle du retentissant Dernier Gestapo. Le bandeau rouge, orné d'une croix gammée, jets un éclairage sur la gravité historique de cette enquête si particulière.
Dans un monde où l'oubli semble la réponse la plus facile, cette histoire pose la question de l'engagement individuel dans l'Histoire. Et combien d'autres Paul Pradier se cachent-ils derrière les façades familiales, interrogeant ainsi la société sur la complexité de la mémoire et le poids du passé ?







