Depuis le 5 janvier, les services d’urgence françaises se retrouvent sous une pression inédite avec une hausse significative des appels au SAMU. Ceci est dû à la grève des médecins libéraux, aux conditions climatiques difficiles et à l’épidémie de grippe. Face à cette affluence exceptionnelle, plusieurs départements envisagent de déclencher un plan blanc.
D'après les informations relayées par BFMTV, le SAMU a enregistré une augmentation des appels d'urgence allant de 30 à 50 % depuis le début de la semaine. Cette situation est exacerbée par la grève des médecins libéraux, qui prive de nombreux patients de consultations vitales pour une durée de dix jours.
Les chutes de neige, atteignant jusqu’à 35 centimètres dans certaines zones comme le Grand-Est et la Charente-Maritime, augmentent le nombre d'interventions requises par le SAMU. Pour aggraver les choses, la crise liée à la grippe et le manque de lits d’hôpital, déjà préoccupant après les fêtes, exacerbe la situation actuelle, souligne le syndicat SUdF.
Une pression inédite dans les urgences
Agnès Ricard Hibon, porte-parole de SAMU-Urgences de France, a qualifié la situation de "tenable mais tendue". Elle a insisté sur la nécessité de prioriser les cas d'urgence vitaux. Le professeur Soulat, vice-président de SUdF et responsable des urgences au CHU de Rennes, évoque “une tension extrême” et prédit que le déclenchement d’un plan blanc en Ille-et-Vilaine est désormais très probable, face à cette saturation hospitalière.
La mobilisation des médecins libéraux est massive : selon France 2, environ 85 % des praticiens sont prêts à suivre le mouvement. Les cabinets médicaux restent fermés, ne permettant que les consultations urgentes. La docteure Josyane Deloffre, généraliste en grève à Courbevoie, s'exprime sur les limites imposées aux arrêts de travail par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale : "Ce cadre est insuffisant pour des maladies graves qui nécessitent plus de temps de soin, notamment certains cancers," déclare-t-elle.
Dans ce contexte, les patients sont conseillés de revoir leur parcours de soins, en se dirigeant prioritairement vers les urgences hospitalières ou en sollicitant des conseils auprès de leur pharmacien pour les cas non urgents. De plus, des cliniques privées ont été contraintes de reporter certaines interventions. Les syndicats tirent la sonnette d'alarme quant à une possible réduction unilatérale des tarifs des actes médicaux par l’Assurance maladie : "Traditionnellement, nous négocions ensemble. Aujourd'hui, la loi de financement de la Sécurité sociale malmène cet équilibre," a expliqué la docteure Sophie Bauer, présidente du SML.
La ministre de la Santé a tenté de rassurer en précisant que "la diminution des tarifs envisagée reste une possibilité, et non une contrainte". La durée de cette grève, qui pourrait s'étendre sur dix jours, représente un défi exceptionnel pour le système de santé, aggravant encore plus une crise hospitalière déjà bien présente en cette période hivernale.







