Avec un déficit alarmant de 15,9 milliards d'euros, la Caisse nationale de l'Assurance Maladie (Cnam) lance un appel urgent. Son objectif ? Économiser 3,9 milliards d'euros d'ici 2027 à travers 40 propositions mêlant prévention, régulation des soins et rationalisation des prescriptions médicamenteuses.
Les signes sont préoccupants : le rapport de la Cnam indique une possible montée du déficit à 17 milliards d'euros d'ici 2029. Thomas Fatôme, directeur de l'Assurance maladie, a récemment présenté un rapport détaillé au Parlement, selon TF1. Les urgentes réformes proposées visent à freiner cette spirale. Par exemple, un projet d'interdiction de la vente de tabac aux générations nées après 2009 a été avancé. Ce modèle, inspiré de la législation britannique, serait accompagné de contrôles renforcés pour garantir la protection des mineurs et promouvoir une société "sans tabac".
En parallèle, l'Assurance maladie se tourne vers la nutrition. Pour contrer la malbouffe, elle envisage de rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score sur tous les produits emballés, intégrant une mention sur les additifs ultra-transformés. D'après des estimations, cela pourrait générer une économie de 1,5 euro par habitant au niveau des dépenses de santé d'ici 2050. Autre point de vigilance, la sécurité routière, avec une demande d’extension du port du casque pour les utilisateurs de vélos et de trottinettes électriques de plus de 12 ans, à la suite d'une augmentation inquiétante des accidents de trajet.
Freiner les soins de kiné et le gaspillage de médicaments
La Cnam se penche également sur la régulation du secteur de la kinésithérapie, dont les dépenses ont atteint 7,1 milliards d'euros en 2025, avec une croissance annuelle de 4 %. Pour contrer cette tendance, Thomas Fatôme souhaite modifier le mode de rémunération des praticiens afin d'éviter une "course à l'acte", qui a conduit à une augmentation de 37 % du nombre de thérapeutes en une décennie, comme le souligne TF1. De nouvelles négociations pour des forfaits ou des tarifs dégressifs selon les séances sont en cours.
Enfin, le rapport met en lumière la nécessité de réduire les coûts des traitements par une démarche de "déprescription". Il s'agit de réévaluer les prescriptions pour éviter celles qui sont superflues et les combinaisons risquées de médicaments. La Cnam appelle également à une "désescalade thérapeutique" en oncologie, notamment en ce qui concerne le Vyndaqel, un médicament de traitement de l'amylose cardiaque devenu le plus onéreux pour la Sécurité sociale, avec 1,08 milliard d'euros de remboursements en 2025.







