Paris : le parquet conteste la relaxe d'un animateur accusé d'agressions

Les familles en émoi après la décision de relaxe d'un animateur accusé d'agressions.
Paris : le parquet conteste la relaxe d'un animateur accusé d'agressions
Un rassemblement contre les Violences à l école et dans le périscolaire, en mars 2026, devant l’Hôtel de ville de Paris. Bruno Levesque / IP3 PRESS/MAXPPP

Le parquet de Paris a annoncé, le 17 juin, qu'il interjetait appel de la relaxe accordée à un animateur périscolaire. Ce dernier était poursuivi pour harcèlements et agressions sexuelles sur mineurs. Cette décision du tribunal correctionnel a suscité une vive polémique et une forte indignation parmi les familles concernées.

En effet, il s'agissait de la première affaire jugée à la suite d'un nombre croissant d'accusations de violences dans le périscolaire parisien, où un bilan a révélé que, depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles.

Dans sa décision, le tribunal a jugé que le comportement de cet animateur, bien que jugé "inapproprié", ne relevait pas de comportements humilifiants ou dégradants. Selon eux, même si certains parents ont signalé des troubles psychologiques chez leurs enfants, les preuves n'étaient pas suffisantes pour établir un lien direct avec le comportement de l’animateur.

« Au-delà de l’inapproprié »

Me Julie Chalumeau, avocate de plusieurs familles, a exprimé son incompréhension face à cette décision, affirmant qu'il existe de nombreux éléments indiquant que les actions de l'animateur dépassaient le cadre d'un comportement simplement inapproprié.

Pénélope Ponchelet, mère d'une des victimes, a également exprimé sa colère, dénonçant la "lâcheté systémique" des institutions judiciaires qui, selon elle, font preuve d'une "indulgence coupable".

Lors de l'audience du 5 mai, restée à huis clos, le procureur avait requis une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis. Selon les témoignages, Nicolas G. aurait eu des comportements inappropriés tels que surnommer des enfants avec des termes affectueux tout en leur imposant des gestes de proximité, exemple d’une histoire de viol ou de caresses déplacées.

Les magistrats ont toutefois affirmé que ces actes ne constituaient pas des infractions pénales, mais auraient dû mener à des rappels à l'ordre et à une formation pour le personnel accusé. L’animateur a été suspendu en octobre 2024 et soumis à un contrôle judiciaire.

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