Situé en bordure du goulet de Brest, le fort du Mengant, édifice historique daté de 1694, est sur le point de subir des travaux de restauration indispensables. Cet investissement de 850 000 euros, financé par le ministère de la Culture, vise à pallier les dommages causés par les tempêtes et la mer au fil des siècles.
La tempête Goretti, qui a frappé la côte en janvier dernier, a mis en évidence la nécessité d'une intervention rapide : un effondrement notable a perforé les murs épais de trois mètres entourant la batterie basse, emportant près de 500 mètres cubes de remblais. Le contre-amiral Cyril de Jaurias, commandant de la base de défense de Brest-Lorient, souligne que "le besoin de renforcer les structures basses était devenu une priorité, tant leur dégradation risquait de compromettre l'ensemble de la fortification".
Les travaux préparatoires, débutés le 27 mai dernier, incluront la consolidation de l'escarpe à l'aide de granit provenant de l'Aber Ildut. Les entreprises locales mobilisées pour l'opération s'attendent à conclure le chantier d'ici la fin novembre, en utilisant principalement des techniques maritimes adaptées aux marées basses.
Un héritage militaire sous protection
Le fort du Mengant est l'un des quatre sites militaires en Bretagne classés comme Monument historique depuis 2014. En plus du fort, d'autres joyaux comme le château de Brest, le bâtiment aux lions de l'arsenal de Brest, et la citadelle de Port-Louis bénéficient également d'un soutien financier étatique grâce à leur importance historique.
Construit sous la direction de Vauban, cet héritage ne se limite pas à son architecture ; il a aussi joué un rôle stratégique pour la Marine nationale, servant de poste d'observation et d'entraînement, notamment pour le suivi des sous-marins nucléaires. Hervé Bedri, responsable du patrimoine historique de la Marine, rappelle que cet édifice "a continuellement rempli des fonctions de défense et d'observation depuis sa création".
Malheureusement, le dernier accès du public à cette installation remonte à 2009 lors des Journées européennes du patrimoine. Toutefois, le commandant de la base de défense a exprimé un souhait de réouvrir les portes du fort dès 2027, promettant une nouvelle occasion de découvrir ce monument essentiel.







