Rennes est au cœur d'une polémique depuis la mise en place d'un nouvel arrêté encadrant les performances des artistes de rue. Ce dernier interdit aux musiciens et autres performers de se produire plus d'une fois au même endroit dans la journée. De plus, ils sont désormais contraints de changer de lieu toutes les heures, avec une distance minimale de déplacement portée à 200 mètres, contre 100 mètres auparavant.
Cette décision a provoqué un émoi notable, surtout chez Rodrigue Pailhès, un chanteur de rue bien établi dans le centre de Rennes depuis plus de 30 ans. Ayant remarqué ce changement à travers la presse, il a lancé une pétition pour contester l'arrêté, accusant la municipalité de le cibler directement dans ses restrictions. Il confie : « Je ne peux plus subsister. Avant, je pouvais performer à différents endroits, mais maintenant, je ne fais qu’une performance par jour. »
D'après Rozenn Andro, adjointe à la culture, le but du nouvel arrêté est de « mieux encadrer la pratique sans interdire les artistes de rue ». Elle a souligné qu'« aucun artiste ne possède de place attitrée » et qu'il est essentiel d'assurer un partage équitable des espaces publics. L'élue a également reconnu « une maladresse » dans la mise en œuvre de cette réglementation, admettant qu'un dialogue avec les artistes aurait été bénéfique avant l'annonce de l'arrêté.
Il est vrai que la situation des artistes de rue à Rennes est délicate. Selon de nombreux habitants, la musique omniprésente de certains artistes peut devenir envahissante, ce qui a généré des plaintes. Pour remédier à cela, la mairie a mis sur pied une mission de médiation afin de favoriser le dialogue entre les artistes et les autorités. Comme le souligne un habitant, cet équilibre est crucial pour préserver l'effervescence culturelle de la ville tout en respectant le droit des artistes de s'exprimer.
Les critiques ne manquent pas, mais les autorités espèrent que des discussions constructives pourront permettre de rétablir une harmonie. De nombreux Rennais soutiennent leur artiste local, Pailhès, et attendent de voir comment cette situation évoluera dans les mois à venir. La quête d'un compromis pourrait, espèrent les acteurs engagés, contribuer à enrichir la scène culturelle de Rennes tout en préservant l'espace vital des artistes de rue.







