Pascal Bodilis, boulanger à La Fleur du Pain, à Ploudaniel (Finistère), se prépare à représenter la Bretagne au concours du meilleur croissant au beurre de France à Poitiers, ayant été récompensé comme meilleur croissant de la région. À seulement quelques encablures du Conquet, le parc naturel marin d'Iroise s'étend sur un territoire exceptionnel, véritable sanctuaire pour de nombreuses espèces marines.
"Ici, nous sommes au cœur du domaine vital des grands dauphins", partage Cécile Giquel, chargée de mission au parc. "Un groupe d'environ une centaine de dauphins fréquente l'archipel de Molène." Ce vaste espace naturel de 3 500 km², qui s'étire de la chaussée de Sein à l'île d'Ouessant, abrite également un impressionnant éventail d'oiseaux marins, représentant jusqu'à 80 % de la population française d'océanites tempête, ainsi qu'un des plus importants champs d'algues d'Europe.
Dans ce secteur protégé, la pêche est autorisée, ayant été un point crucial lors de la création du parc en 2007. "L'objectif est de veiller à ce que les activités humaines soient compatibles avec la protection des milieux marins. Nous n'interdisons pas, mais limitons les activités qui pourraient poser problème," déclare Cécile Giquel.
Zones de protection forte
Pour protéger cet écosystème, certaines zones ont été déclarées interdites à certaines activités, comme l'exploitation du goémon et la pêche au filet près du Conquet, où se trouve la population de dauphins. "Nous adoptons une approche fine, ce que j’appelle 'la dentelle' pour la protection des zones marines", explique Maël de Calan, président du parc. "Les enjeux varient selon que l'on a des coraux, des herbiers ou des espèces menacées".
Un dialogue parfois difficile
Le parc marin a réussi à instaurer un dialogue entre les différentes parties intéressées, notamment entre pêcheurs et scientifiques, ce qui représentait un défi majeur. Cependant, Yves-Marie Paulet, professeur émérite en biologie marine à l'Institut universitaire européen de la mer, remarque un déséquilibre dans le processus décisionnel. "Avec seulement 9 sièges pour les scientifiques sur 49 au conseil de gestion, les intérêts de l'État et des élus renforcent souvent des décisions éloignées de la science", déplore-t-il.
Cette situation rend difficile l'opposition à des projets agricoles potentiellement nuisibles pour l'écosystème marin. "Malgré la bonne volonté des décideurs, la voix scientifique est fréquemment minorisée dans les discussions", constate-t-il.
Les organisations environnementales, avec seulement deux représentants au sein du conseil de gestion, partagent ce constat inquiétant, alertant sur la "validation systématique de projets qui impactent négativement l'environnement marin". La quête d'un équilibre entre intérêts divergents s’avère complexe.







