Avec le Finistère et le Morbihan en vigilance orange depuis le 26 mai, la région connaît un pic de chaleur inhabituel pour la saison. Cet épisode caniculaire n'est pas sans conséquences pour l'Ehpad Coat-Kerhuel, situé à Ergué-Gabéric, qui traverse une période de transition après avoir subi un incendie l'année dernière, et se trouve temporairement hébergé à Quimper dans l'établissement des Magnolias.
L'inadaptation des locaux vieillissants face à la chaleur est un souci majeur. La directrice, Elodie Glemarec, témoigne : "Avec l'arrivée précoce de ces températures élevées, nous sommes en pleine réorganisation. Nous devons d'urgence préparer des stocks de produits rafraîchissants pour les 57 résidents".
Une vigilance accrue face à la chaleur
Alors que la veille sanitaire ne commence normalement qu'au 1er juin, les équipes de l'Ehpad se battent pour garantir la sécurité de leurs seniors dans un environnement qui ne se prête pas toujours à la gestion de la chaleur. Comme le souligne le docteur Jean-Marc Rérolle, coordonnateur médical : "Les personnes âgées ressentent peu la soif, rendant leur déshydratation encore plus préoccupante".
Pour pallier ce risque, le personnel adapte les repas en intégrant des aliments riches en eau et en organisant des temps dédiés à l'hydratation. Véronique, aide-soignante, explique qu'elle doit être persuasif pour inciter les résidents à boire davantage, en employant des astuces ludiques comme : "Pour vous faire boire un verre, je vais devoir le nettoyer, et vous allez devoir me le vider !".
Adapter les comportements
Sur le terrain, l’ingéniosité est de mise. Louenn, accompagnante sur le secteur ouvert, observe que nombre de résidents ne réalisent pas les températures extérieures et cherchent à s’habiller chaudement. "Certains veulent mettre des pulls ou faire des sorties en plein soleil, ignorant le danger. Nous devons donc moduler leur environnement pour les aider à s'adapter", confie-t-elle.
Un quotidien transformé
Les résidents, comme Annick, 86 ans, ressentent les impacts du changement climatique. Elle raconte : "Quand j'ai trop chaud, j'ouvre le robinet et je m'asperge. Je fais ce que je peux pour me rafraîchir". Malgré les désagréments, elle aborde cette situation avec philosophie : "Il n'y a plus de saison, il faut s'habituer à ces nouvelles réalités".
En somme, cette canicule précoce aura mis à l'épreuve l'Ehpad Coat-Kerhuel, mais aussi révélé la résilience et la détermination de son personnel pour assurer le bien-être des résidents. Grâce à une préparation proactive et une vigilance de tous les instants, ils espèrent surmonter ce défi climatique inédit.







