Les banquets géants organisés par "Le Canon français" suscitent des réactions vives à travers la France. Une enquête est actuellement en cours après des faits de saluts nazis et de propos racistes observés lors d’un événement à Caen. Tandis que des membres de la gauche appellent à l'interdiction de ces rassemblements, soutenus par un investisseur conservateur, les fondateurs accusent une campagne de dénigrement.
Ce concept, né en 2021, attire 400 000 abonnés sur Instagram et 300 000 sur TikTok, promettant un kilo de nourriture par convive pour 79,99 euros. Pourtant, cette ambiance festive a pris un tournant alarmant lors du banquet du 18 avril, où des insultes racistes et des saluts nazis ont été rapportés par le site Ici Normandie.
Bien que la direction du Canon français reconnaisse certains incidents, elle conteste leur véracité, les qualifiant d’isolés. Un journaliste de France Inter a cependant filmé des comportements inappropriés lors de l’événement. Sur place, des participants ont exhibé des opinions politiques extrêmes, scandant des phrases telles que "le cochon fait fuir".
Face à ces faits troublants, plusieurs députés, dont Emma Fourreau et Arthur Delaporte, ont demandé à la justice d'agir. L'enquête ouverte vise à examiner des comportements perçus comme racistes et haineux.
Arthur Delaporte a même écrit au ministre de l'Intérieur, plaidant pour l'interdiction des événements futurs, qualifiant ces repas de rassemblements propices à l'alcoolisation excessive et de refuges pour "personnes douteuses".
L’ombre de Pierre-Édouard Stéren
Les critiques ne s’arrêtent pas là. L'année précédente, la société derrière Le Canon français a accueilli Pierre-Édouard Stéren parmi ses investisseurs, un nom connu pour ses ambitions politiques à droite. Ce milliardaire, à travers le fonds d'investissement qu’il détient, contrôle maintenant 30 % de l’entreprise et soutient un projet jugé dangereux pour l’unité de la démocratie française.
La maire socialiste de Quimper, Isabelle Assih, ayant exigé l'annulation d'un rassemblement prévu, a été la cible d'attaques racistes numériques, l'amenant à porter plainte pour menace.
En réponse, les fondateurs de Le Canon français ont nié toute allégation de racisme dans une vidéo relayée sur X, affirmant être victimes d’une campagne de diffamation orchestrée par La France insoumise. Ils insistent également sur le fait que leurs événements sont strictement apolitiques.
Dans ce climat de tensions croissantes, la question reste ouverte : jusqu’où iront les manifestations de cette nouvelle forme de nationalisme en France ? Les prochaines éditions de ces banquets pourraient bien poser des défis et des implications plus larges pour la société.







