Au cœur du Blosne, un quartier sensible de Rennes, le Centre d'éducation citoyenne et de loisirs (CECL) s'est donné pour mission d'accueillir les jeunes du quartier grâce à une initiative unique : des policiers animent des activités variées pour les aider à améliorer leur éducation et leur engagement social. Depuis sa création il y a 26 ans, ce lieu a vu de nombreux jeunesses se rediriger vers des chemins plus positifs.
Ce vendredi, trois enfants en décrochage scolaire, orientés par leurs établissements, viennent au centre. Parmi eux, Brian, 11 ans, raconte son expérience : "Je fais des exercices, mais on fait aussi d'autres activités comme aller marcher. Parfois, on travaille, parfois on s'amuse". Alain, le directeur, qui est également policier, souligne que 200 jeunes fréquentent le centre chaque année, pour une modique adhésion de cinq euros.
Pas d'uniforme de police
Une des particularités de ce centre est le choix de ses animateurs : des policiers en tenue décontractée, sans uniforme. Léo, un des agents, explique : "Cela vise à réduire le sentiment d'appréhension chez les jeunes, afin de les fidéliser au centre". La finalité est d’établir un lien de confiance entre les policiers et les jeunes, essentiels dans un environnement où le trafic de drogue reste une préoccupation majeure.
Brian déclare : "Au début, j'étais un peu stressé, mais maintenant, je les connais mieux". Ce cadre a permis de renforcer la vigilance face aux dangers du trafic, comme le souligne Léo: "Certains jeunes basculent dans cette voie très tôt, souvent par nécessité économique".
Au fil des ans, Alain observe que le travail de prévention a porté ses fruits : "Nous avons instauré un lien de respect. Les jeunes ne s'approchent plus des dealers et le centre n'a jamais été dégradé". Les animateurs locaux, tout en étant des policiers, travaillent à créer un environnement sécurisé, où la délinquance est combattue par le dialogue et la confiance.
Ce modèle de centre de loisirs montre comment une approche proactive peut contribuer à faire reculer la violence dans les quartiers sensibles. Les interactions entre les forces de l'ordre et les jeunesses peuvent faire la différence.







