Ce mardi 12 mai, Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, s'est rendue à Bains-sur-Oust, en Bretagne, pour exprimer son appui à l'agriculture biologique. Elle a visité l'exploitation de Bruno Martel, qui gère un groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) de 120 vaches laitières ainsi que 220 hectares, principalement en herbe. Bruno Martel est également le récent président de l'Agence Bio, une organisation dont l'avenir a été mis en question en début d'année par un vote sénatorial.
Au cours de sa visite, la ministre a assuré que l'Agence Bio, chargée de promouvoir le bio en France, continuerait d'exister et a annoncé un budget de 12 millions d'euros pour 2026, en ajoutant que cela faisait partie des 800 millions d'euros alloués à l'agriculture biologique dans le cadre des crédits nationaux et européens. Par ailleurs, elle a confirmé que 40 millions d'euros, provenant des aides à la conversion, seraient redirigés vers des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), dont au moins 5 millions pour l'agriculture biologique en Bretagne.
Les acteurs du bio rassurés
Les acteurs du secteur ont exprimé des sentiments mitigés suite à ces annonces. Bruno Martel a déclaré : "J'ai reçu le soutien attendu, tant dans les discours que dans les moyens alloués." En revanche, Virginie Roussel, maraîchère à Guipry-Messac et vice-présidente d’Agrobio35, a rappelé que l’agriculture biologique ne représente que 15 % de l'agriculture française sans pour autant obtenir un budget correspondant. Elle a souligné la nécessité d’une campagne de communication pour expliquer les bénéfices de l'agriculture biologique.
"Nous devons réexpliquer pourquoi l’agriculture biologique est essentielle pour l’environnement", a indiqué Bruno Martel. Annie Genevard a corroboré cette vision en considérant le bio comme une réponse viable aux défis environnementaux, tout en précisant qu'il ne constitue pas la seule solution.
L'État "mauvais élève" en bio
La ministre a également appelé l'État à améliorer son engagement envers la loi Egalim, qui impose l'utilisation de 50 % de produits de qualité, dont 20 % de bio, dans la restauration collective. À ce jour, la Bretagne, bien que considérée comme un modèle, n'affiche que 33 % de produits de qualité et 13 % de bio sur ses tables.
En ce qui concerne la politique agricole commune (PAC) post-2027, Genevard a promis d'accorder une attention particulière à l'agriculture biologique, qui connaît un regain d'intérêt, avec une hausse du pourcentage de consommateurs de produits bio en France.
Malgré ce soutien, le nombre de producteurs bio a baissé l’an dernier pour la première fois, un fait jugé préoccupant par Virginie Roussel qui rappelle l'importance de soutenir cette filière. "Nous avons la capacité de nous passer d'importations étrières en matière alimentaire, mais cela passe par un renforcement de l'agriculture biologique", a-t-elle conclut.







