Ce lundi 11 mai, Cyril Bindit, agriculteur renommé du Territoire de Belfort, nous invite à le suivre sur son trajet quotidien entre Dorans et Héricourt. Visiblement, les routes étroites et les passages dangereux des villages lui imposent un défi quotidien. "Là, vous passez la roue avant au coin de la maison. Le pont fait 2m80 : impossible de passer," explique-t-il en désignant les obstacles. Avec une fermeture imminente de la route entre Banvillars et Brévillers prévue fin mai, beaucoup d'agriculteurs se tournent vers la RN19, bien qu'il s'agisse d'une option illégale.
Des itinéraires alternatifs peu praticables
Cyril admet que pour lui, l'emprunt de la RN19 est devenu indispensable. "Quand on est sur la nationale, c'est fluide. Mais les petites routes ? Vous êtes bloqué !" souligne-t-il. Ce sentiment est partagé par David Peterschmitt, éleveur porcin, qui dénonce une incohérence. "Les camions ont le droit de circuler sur cette route, pourquoi pas nous ?" demande-t-il. Selon les règles actuellement en vigueur, les tracteurs ne peuvent pas dépasser une vitesse de 50 km/h, incompatible avec l'exigence de vitesse minimale sur les voies express.
Un dialogue difficile avec les autorités
Tanguy Follot, exploiteur en polyculture-élevage dans le secteur, exprime sa frustration quant au manque de réponses de l'administration. "On nous renvoie vers la DREAL sans jamais avoir d’information concrète," déplore-t-il. Malgré des discussions en cours avec la préfecture, le flou demeure sur la mise en place de solutions adaptées pour ces agriculteurs. La préfecture reconnait la légitimité des demandes, mais les délais restent indéterminés.
Vers une éventuelle expérimentation
La situation pourrait évoluer : la Préfecture a mentionné des discussions avec les autorités de Haute-Saône relatives à des expérimentations pendant la période de travaux. Les agriculteurs espèrent que cela pourrait leur ouvrir les portes de la RN19. Mais tant que des décisions concrètes ne sont pas prises, l'inquiétude subsiste. Pour le moment, la lutte continue pour que leur voix soit entendue.







