Une Lorraine confrontée à l'adversité
Dans son dernier roman, Anne Villemin-Sichermann met en lumière les luttes sociales qui ont marqué la Moselle au XIXe siècle. Cet ouvrage évoque les journaliers, une immense partie de la population, dont la vie quotidienne dépendait des emplois temporaires trouvés au gré des marchés matinaux.
Villemin-Sichermann souligne l'écart tragique entre les salaires de cette époque et le prix du pain, une réalité qui plongeait de nombreuses familles dans l'indigence. "83 % de la population de Moselle était composée de journaliers", rappelle-t-elle, illustrant ainsi l'ampleur de la problématique.
Cependant, l'auteure se garde de tirer des comparaisons hâtives avec notre époque actuelle. Dans un entretien avec L'Est Républicain, elle insiste sur la dureté sans équivoque de ce siècle, où la faim et l'absence de toute forme de sécurité sociale faisaient des ravages parmi les plus vulnérables.
Metz, un personnage à part entière
La ville de Metz occupe une place centrale dans son récit, où l'héritage régional s’entrelace avec l’histoire locale. Passionnée par le passé de cette cité, Villemin-Sichermann choisit de faire évoluer son intrigue autour de figures historiques, comme Barbey Marbois, un enfant du pays devenu ministre des Finances sous Napoléon.
"J'habite à Metz, j’adore cette ville", déclare-t-elle, avant d'expliquer que son roman Les Disparus de Germinal se base sur des événements et des lieux authentiques. La magie du polar historique lui permet d'explorer des thématiques profondes en les reliant à des faits avérés.
Une passion familiale pour l’histoire
Villemin-Sichermann évoque également l'influence de son père, vétérinaire et historien, dans sa passion pour les archives. Ayant reçu de lui les bases d'une solide méthodologie de recherche, elle affirme : "C’est lui qui m’a finalement initié et qui m’a donné le goût de l’histoire”. Cette transmission a non seulement nourri son inspiration littéraire, mais a aussi façonné son approche documentaire.
Bien qu'ancienne médecin, l'auteure ne regrette pas d'avoir tourné la page de sa carrière dans le secteur médical. "Les rencontres avec les lecteurs dans les librairies me permettent d'établir un lien humain différent, enrichissant ma nouvelle carrière d'auteure", conclut-elle.







