Pallegama Hemarathana, dignitaire influent de 71 ans à la tête de plusieurs temples bouddhistes, a été arrêté pour son implication dans une affaire d'agression sexuelle sur un enfant de 11 ans.
Cette arrestation s'inscrit dans le cadre d'une enquête lancée à la suite d'une plainte déposée au commissariat de Nittambuwa le 6 mars concernant l'enlèvement et la séquestration d'une mineure remontant à quatre ans. Selon nos sources, la mère de la victime a également été interpellée pour complicité, un développement qui suscite une vive controverse dans la société sri-lankaise.
Après un interrogatoire la semaine dernière, Hemarathana a été placé en garde à vue dans un hôpital de Colombo pour des raisons médicales. Cette mesure a été rendue nécessaire après qu’un tribunal d'Anuradhapura a décidé d'interdire tout déplacement à l'étranger pour le moine.
Le gardien de l’arbre sacré
Pallegama Hemarathana dirige le temple emblématique d’Anaradhapura, berceau du bouddhisme au Sri Lanka, où se trouve l'arbre sacré de la Bodhi, vénéré par des milliers de bouddhistes. Cet arbre, âgé de 2 300 ans, est issu d’un rameau qui aurait été prélevé de l’arbre sous lequel le Bouddha a atteint l’illumination.
Hemarathana, en plus de son rôle à Anaradhapura, gère huit autres temples à travers le pays. Ce cas fait grimper les inquiétudes concernant la responsabilité des figures religieuses face aux accusations de crimes sexuels. Les experts, tels que le sociologue Sri Lankan Rohan Leelaratne, soulignent la nécessité d’une réforme profonde des institutions religieuses pour restaurer la confiance du public.
La communauté bouddhiste et les autorités judiciaires restent en alerte, alors que des voix s’élèvent pour demander une enquête transparente et impartiale. Hemarathana et sa mère sont attendus devant un juge à l'issue de leur garde à vue, un moment qui pourrait marquer un tournant judiciaire au Sri Lanka.







