Catherine Chabaud, ministre de la Mer, s'est rendue dans le Morbihan ce vendredi 7 mai pour échanger avec les conchyliculteurs du département sur un sujet de préoccupation majeur : l'amélioration des eaux côtières. Ces derniers expriment une impatience croissante face à la lenteur des actions contre les débordements d'eaux usées dans la mer.
Lors de sa visite, Catherine Chabaud a rencontré des acteurs clés de la conchyliculture à Plouharnel et Plouhinec. Ceux-ci lui ont fait part de leurs inquiétudes quant aux pollutions qui affectent directement leurs activités. Ils dénoncent des millions d'euros de pertes dues aux restrictions imposées par des eaux marines contaminées. Philippe Le Gal, président du Comité national et régional de la conchyliculture, a ainsi exprimé son ras-le-bol : "Tout n'est pas réglé, et cela fait des années que nous tirons la sonnette d'alarme".
Des millions de pertes
Philippe Le Gal a souligné les conséquences de ces pollutions sur l'activité des conchyliculteurs : "À chaque fermeture imposée, nos ventes s'arrêtent et nous demeurons sans indemnités". Une situation unique en France, où d'autres secteurs sont souvent soutenus en cas de crise.
Des pollués payeurs
De son côté, la ministre a reconnu les efforts déployés, mais a ajouté qu'ils devaient être intensifiés. "Je comprends leurs attentes, mais il est évident que des investissements considérables ont été réalisés dans les stations d'épuration et les réseaux d'assainissement", a-t-elle déclaré, tout en rappelant que l'État reste engagé à soutenir le secteur.
Dix points de débordement identifiés
Malgré ces engagements, les conchyliculteurs restent sur leurs gardes. Ils ont identifié dix zones sensibles autour de la Ria d'Étel, où les débordements sont fréquents et perturbent leur travail. Un rendez-vous crucial est prévu avec le préfet du Morbihan le 11 mai pour réclamer des mesures immédiates.
Les défis demeurent grands, et la ministre a reconnu que, face à la crise climatique, des efforts urgents étaient nécessaires pour restaurer la qualité des eaux côtières. "Il nous faudra probablement des années pour rétablir une situation satisfaisante", conclut-elle, soulignant l'importance de cette feuille de route comme un véritable catalyseur de changement.







