Le 6 mai, devant la cour d'appel de Paris, l'État libyen a officiellement exigé une indemnisation de 10 millions d'euros à l'encontre de Nicolas Sarkozy et cinq de ses coaccusés, dont Claude Guéant et Brice Hortefeux. Cette demande est la première du genre pour obtenir réparation d’un préjudice résultant de soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle de 2007, comme rapporté par 20 Minutes.
Les représentants libyens ont détaillé leur demande : 4,99 millions d'euros pour préjudice matériel et 5 millions d'euros pour atteinte morale. À travers cette initiative, la Libye souhaite faire reconnaître le tort infligé à une population ayant enduré "quarante-deux ans de souffrances sous le régime de Mouammar Kadhafi".
Corruption au cœur des accusations
Le volet matériel repose sur deux transferts en 2006 du Trésor et des services secrets libyens vers les comptes de l'intermédiaire Ziad Takieddine. Les procureurs assimilent ces fonds à un "pacte de corruption" destiné à faciliter l'ascension de l'ancien président, comme le souligne plusieurs analyses dans la presse française.
Les avocats de la Libye insistent sur le fait que la sortie de fonds du pays a entraîné un appauvrissement de l’État, un "préjudice matériel", indépendamment de l'utilisation ou du détournement ultérieur des montants.
Une défense ferme de Sarkozy
Condamné à cinq ans de prison ferme dans un autre dossier, Nicolas Sarkozy rejette catégoriquement toute malversation. Il souligne qu'aucune preuve d'un financement libyen n'a été découverte dans ses comptes de campagne. Lors du procès précédent, la justice avait d'ailleurs refusé la constitution de partie civile de la Libye, considérant que cet État, représenté par ses anciens dirigeants, était coupable plutôt que victime de détournement.







