À Lorient, les consommateurs sont confrontés à des hausses de prix sans précédent pour le poisson. Le merlu, poisson phare du marché, a vu son prix grimper de 60 % en un an, tandis que le maquereau, traditionnellement bon marché, atteint désormais des sommets avec des tarifs allant jusqu'à 15 euros le kilo.
Une flambée des prix sans précédent à l'étal
Cette inflation touche particulièrement des espèces comme le lieu noir et la sole. Les professionnels du secteur pointent du doigt une tendance inquiétante : la diminution des volumes de pêche face à une demande en constante augmentation. Jean-Luc Marcadet, poissonnier à Lorient, avertit : "Le problème du poisson, c'est qu'il y a moins de bateaux et toujours autant de demande, cela va devenir compliqué". En conséquence, la grande distribution et l'industrie, qui recherchent des poissons blancs, accentuent encore davantage la pression sur les prix.
La crise énergétique pèse sur la logistique
Au-delà de la raréfaction des stocks, la filière pâtit également de la forte hausse des prix des hydrocarbures. Les mareyeurs, qui jouent un rôle clé entre les criées et les points de vente, voient leurs frais d'exploitation exploser. Jean Besnard, mareyeur chez Moulin Marée, affirme que l'augmentation des coûts de transport impactera directement le prix au consommateur : "Le transport de ce poisson va prendre entre 15 et 20 % de plus, c'est inévitable".
Une inflation qui s'installe dans la durée
La conjonction de ces facteurs – baisse de la pêche, demande industrielle accrue et flambée des prix de carburant – crée une crise profonde dans le secteur halieutique. Les acteurs de la filière craignent que ces tarifs élevés deviennent une norme, rendant l'accès au poisson frais de plus en plus difficile. Alors que la situation géopolitique continue de peser sur les marchés de l'énergie, la part des coûts de transport dans le prix final ne cesse de croître, accentuant la précarité des consommateurs.
Reportage vidéo : Nicolas Corbard et Catherine Bazille / France 3 Bretagne







