Alors que le Muséum d'histoire naturelle souffre d'un déclin alarmant, son président, Gilles Bloch, a sollicité le soutien de l'État pour des travaux indispensables. Près de 74 % des infrastructures sont jugées dans un état critique.
À l'occasion du 400e anniversaire du muséum, qui a succédé au Jardin royal des plantes médicinales fondé en 1626, Gilles Bloch dresse un bilan accablant. Les ressources financières limitées ont conduit à une dégradation progressive des locaux. "Nous risquons de perdre cet outil précieux. Si nous devons fermer des bâtiments pour assurer la sécurité du public et de notre personnel, cela devient insoutenable," avertit-il.
Malgré un attrait toujours fort, attirant chaque année 3,6 millions de visiteurs, le patrimoine immobilier du Muséum ne cesse de se détériorer. Avec 120 bâtiments à surveiller, 150 projets d'urgence ont été identifiés. Gilles Bloch souligne que "74 % des bâtiments sont dans les niveaux de dégradation les plus préoccupants," selon les évaluations de la direction de l'immobilier de l'État.
Une galerie de minéralogie presque entièrement fermée
Une fois les salaires et les charges courantes pris en compte, seulement 15 à 20 millions d'euros par an sont alloués pour l'entretien des infrastructures, dont 5 à 10 millions proviennent de subventions gouvernementales. Cependant, 5 millions d'euros servent déjà à rembourser le partenariat public-privé du parc zoologique de Paris, laissant à peine 5 millions pour d'éventuelles réparations. "Nous ne pouvons nous contenter que de l'entretien minimum," s'attriste Gilles Bloch.
Actuellement, 90 % de la galerie de minéralogie reste close, tandis que les travaux de rénovation de l'espace dédié aux reptiles ont été suspendus. De plus, le Muséum a récemment été la cible d'une cyberattaque, mettant en péril ses finances. Le président du Muséum sonne l'alarme, appelant l'État à agir rapidement. Le budget nécessaire pour les rénovations d'urgence est estimé à 500 millions d'euros, et "pour moderniser entièrement nos installations, nous atteindrions 1,1 milliard d'euros," précise-t-il. Les appels de Gilles Bloch rejoignent ceux d'autres experts, soulignant l'importance de préserver ce trésor culturel français.







