Ce mercredi 16 avril, dirigez-vous vers Massérac, une charmante commune de Loire-Atlantique, où les habitants se passionnent pour l'art du pain. Dans ce village de 700 âmes, 25 fours à pain ont vu le jour, dont un tout nouveau, le four municipal. Le principe est simple : une fois par mois, les villageois se rassemblent pour cuire du pain, transformant cet espace en véritable cœur battant de la communauté.
Pour découvrir les coulisses de cette initiative, visionnez notre reportage complet.
"Notre ambition, c'est d'allumer un four à pain ici pour contrer la fermeture de notre boulangerie," lance Thierry Perrin, président de l'association "Les fours de Massérac". Ce jour-là, il s'est levé avant l'aube pour nous faire profiter de la première fournée. "Je me suis réveillé à 4h30 pour être ici à 5h du matin. Mais ça va, je n'habite pas loin", témoigne-t-il.
Chaque premier dimanche du mois, Thierry allume le four de la place du village pour cuire 200 miches de pain. Il se rend à la boulangerie la plus proche, située à cinq kilomètres, pour récupérer la pâte : "Nous prenons les pâtons là-bas," explique-t-il. "Faire la pâte moi-même nécessiterait un pétrin et une chambre de pousse." Steeve Perraud, le boulanger de Beslé-sur-Vilaine, lui fournit la pâte à prix coûtant : "Si c'était tous les week-ends, cela pourrait poser problème. Mais une fois par mois, ça ne me préoccupe pas trop," admet-il.
Un four communautaire, écho du Moyen Âge
À 7h, le jour se lève lentement et le village est encore endormi. Les bénévoles s'activent autour du four, tous ensemble pour cette première cuisson. "Nous avons appris à faire cela," confie un volontaire tout en surveillant la température, qui atteint les 300 degrés.
Ce four, construit avec l'aide de bénévoles comme au Moyen Âge, est devenu un lieu de rencontre. Thierry souligne : "Je n'ai jamais facturé une fournée, on vient ici parce qu'on aime partager ce moment ensemble." Anthony Boutet, un chauffeur routier participant, ajoute : "Nous avons tous des métiers différents, et se retrouver ici redonne vie au village et rappelle la camaraderie d'antan."
Un souffle d'espoir après plusieurs fermetures
Massérac, autrefois dynamique avec de nombreux commerces, a subi plusieurs fermetures. Thierry, en nous montrant le village, évoque : "Ici, il y avait un hôtel et un bar-restaurant qui marchaient bien." Il montre l'ancienne boulangerie, fermée récemment. "Je me souviens qu'elle était toujours pleine le dimanche."
Bien qu'une fournée par mois ne remplace pas une boulangerie, elle apporte un peu de joie. Ce matin-là, plusieurs habitants ont fait le déplacement pour récupérer leur pain, à trois euros la miche. On peut sentir la satisfaction dans les mots d'un homme qui s'exclame : "C'est vraiment délicieux !". Pour certains, c'est aussi un retour aux souvenirs d'enfance : "Ça nous rappelle notre jeunesse, de tels moments étaient courants ici."
Pour Thierry, qui a initié ce projet, la satisfaction est palpable : "C'est en train de prendre de l'ampleur. Cela me touche de voir tant de gens heureux." À Massérac, l'espoir d'augmenter la fréquence des fournées est partagé par tous, avec la promesse d'une croûte croustillante et d'une mie moelleuse à chaque fois.







