Les blocages dans les universités pourraient bientôt être considérés comme des infractions pénales. Le 27 mars dernier, une proposition de loi visant à criminaliser ces mobilisations a été introduite, suscitant une forte réaction du syndicat étudiant Unef, qui parle de « criminalisation des mobilisations étudiantes ».
Le texte, rédigé par la députée Anne-Laure Blin et soutenu par 24 députés de la Droite républicaine, souligne que les établissements d’enseignement supérieur subissent un nombre croissant de blocages et d’occupations, souvent accompagnés de dégradations et de problèmes de sécurité. Pour les députés, il est temps de renforcer la fermeté face à ces actions jugées nuisibles.
Un appel à la protection des universités
La proposition rappelle que les universités bénéficient d’un statut particulier depuis le Moyen Âge, qui sanctuarise leur accès, permettant aux forces de l’ordre d’intervenir uniquement à la demande des présidents d’établissement, excepté en cas de danger immédiat. Ainsi, le texte souhaite supprimer le mot « scolaire » du Code pénal, pour étendre cette protection aux universités.
Les articles 431-22 et suivants du Code pénal interdisent actuellement l’accès non autorisé aux établissements scolaires, mais cette exclusion des universités serait ainsi levée si le texte est adopté.
Une menace pour la démocratie universitaire
L’Unef considère cette loi comme une attaque contre le rôle historique des universités en tant que lieux de débat démocratique et de contestation. Dans un communiqué, le syndicat déclare : « Ce texte vise à dissuader les étudiants de se mobiliser en instaurant la menace d’une intervention policière violente ». Cela soulève des questions sur l’équilibre entre sécurité et liberté d’expression au sein des campus.
Des experts de la sociologie politique, comme le professeur Jean-François Dubost, s'inquiètent de cette tendance, arguant que « l’éradication des espaces de contestation nuit aux fondements mêmes de notre démocratie ». Il est impératif que les discussions autour des mobilisations étudiantes restent ouvertes et constructives, sans craindre des répercussions légales.







