Le président du Sénat, Gérard Larcher, n’a pas mâché ses mots dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, qualifiant le nouveau budget de « mauvais » et soulignant qu'il avait été élaboré en étroite collaboration avec le Parti socialiste. « Ce budget ne répond pas aux véritables besoins de notre pays », a-t-il affirmé, plaçant d’emblée la question budgétaire au cœur du débat public.
Lors d'une allocution ce samedi, Larcher insiste sur le rôle actif que le Sénat entend jouer : il se veut un « agent de surveillance » de l'« exécution budgétaire ». Il s'interroge : « Pourquoi personne ne parle-t-il des 4,7 % de déficit ? » Ses paroles soulignent l'importance cruciale de suivre de près les données financières de l'État, alors que le déficit public est déjà établi à 5 % du PIB.
Sur la question de la censure votée par les députés Les Républicains (LR), Larcher explique : « La raison de ne pas voter la censure est liée à la peur d’instabilité économique. Nous devons renforcer le budget de la Défense ». Il précise que malgré des choix politiques, le Sénat ne se complaira pas dans une posture passive.« Au lieu de cela, nous mettrons en place un suivi détaillé et rigoureux de chaque aspect du budget 2026 », a-t-il déclaré.
Le budget, qui vient d'être soumis pour approbation après le recours au 49.3 du Premier ministre Sébastien Lecornu, est attendu à nouveau au Sénat. Ce dernier, dominé par la droite et les centristes, pourrait envisager une « question préalable », rejetant la discussion avant même d'aborder le fond du projet. Gérard Larcher n’hésite pas à poser la question : « Quel intérêt de poursuivre les débats si tout semble déjà scellé dans ce budget de co-construction ? »
Le Premier ministre a, quant à lui, engagé un second 49.3 concernant la partie « dépenses » du budget, ce qui lui permet d’éviter, pour l’instant, un vote potentiellement dangereux pour son gouvernement. Comme le souligne Libération, cette situation dénote une forte tension entre l'exécutif et le législatif, avec une opinion publique scrutant chaque mouvement. Les jours à venir s’annoncent déterminants pour l’avenir politique de cette stratégie budgétaire.







