La relation entre les États-Unis et l'Europe pourrait-elle se détériorer à cause de l'obsession de Donald Trump pour le Groenland ? Ce territoire, selon le président américain, aurait un besoin impératif d'être annexé, notamment pour exploiter des ressources stratégiques telles que les terres rares. Mais sont-elles si abondantes dans le sous-sol groenlandais ? Une enquête sur le terrain apporte des éléments de réponse.
Dans le sud-ouest du Groenland se dressent des montagnes non seulement majestueuses mais aussi sources d’intérêts économiques croissants. Ces lieux abritent l'un des trois gisements de terres rares les plus prometteurs au monde. Au sein de ce territoire sous administration danoise, deux projets miniers sont déjà en cours, et plusieurs autres gisements ont été identifiés. Les terres rares, essentielles pour des technologies variées allant des voitures électriques aux appareils électroniques, suscitent ainsi beaucoup d'intérêt.
« Notre mine pourrait fonctionner pendant un siècle », souligne Svend Hardenberg, directeur du principal projet minier au Groenland. Il estime que l’économie groenlandaise pourrait bénéficier de royalties d’environ 5 milliards de dollars. Pourtant, l’ingéniosité des locaux semble se dresser contre les aspirations de Trump, qui espère tirer profit de ces ressources. « Nous sommes capables de fournir aux marchés américain et européen, nous sommes idéalement situés », ajoute-t-il.
Les sentiments locaux sont loin d'être favorables à une telle domination étrangère. « Non, ce n'est pas bon », affirme un habitant interrogé, tandis qu'une dame insiste : « Nous ne sommes pas à vendre ». La résistance des Groenlandais à voir leur terre exploitée par un investisseur américain est palpable et les autorités locales semblent hésiter face à ces nouvelles ambitions.
Une exploitation minière délicate
Les projets de Trump pourraient être contre-productifs, selon l'avis de Christian Keldssen, représentant du syndicat des employeurs groenlandais. « Jusque-là, le Groenland était ouvert aux affaires et aux investissements. Mais suite aux récentes révélations, l'attrait des investissements américains pourrait bien diminuer », explique-t-il. Les implications sanitaires et environnementales de l'exploitation des terres rares sont également préoccupantes, notamment en raison de l'absence d'infrastructures adaptées pour le transport de ces minerais.
Alors que seulement une des 80 licences d'exploration au Groenland est détenue par des Américains, des lettres d'intention provenant des États-Unis promettent des investissements de 125 millions de dollars, mais ces projets demeurent incertains. D'autres experts soulignent que la météo rigoureuse de l'île limite les périodes d'exploitation, apportant ainsi des défis additionnels à l'industrialisation du secteur.
Au fur et à mesure que la tension entre la vision de Trump et les aspirations des Groenlandais se développe, une question demeure : qui sera véritablement le bénéficiaire de cette course aux ressources ? L'avenir du territoire et de ses habitants semble incertain dans un contexte géopolitique aussi piquant.







