L'ancien leader nationaliste et ex-président de l'AC Ajaccio, Alain Orsoni, a été abattu d'une balle en plein cœur aux funérailles de sa mère, Marinette Orsoni, décédée à 92 ans. Cet événement tragique s'est déroulé le 12 janvier au cimetière de Vero, en Corse-du-Sud. À 71 ans, Orsoni, connu sous le surnom de "Bel Alain", était une figure marquante du paysage corse, doté d'un parcours complexe jalonné de luttes nationalistes et d'affaires controversées.
Orsoni est né à Ajaccio en 1954 et a fait des études en droit et économie à Paris, où il a côtoyé des mouvements d'extrême droite. À son retour en Corse dans les années 1970, il s'impose rapidement comme un acteur clé du Front de libération nationale corse (FLNC) avant de fonder le Mouvement pour l'autodétermination (MPA) après la scission de 1990. En tant que militant passionné, Orsoni est soupçonné d'être impliqué dans des attentats qui ont secoué la Corse au cours des décennies passées.
Sa vie a été marquée par des exils forcés, notamment durant treize années passées à l'extérieur de l’île, à la suite de rivalités internes au sein du mouvement nationaliste. Alain Orsoni a toujours été lié à des actes de violence politique et à des règlements de comptes, faisant de lui une personne aussi respectée que crainte. Selon des sources de France 3 Corse, son nom a longtemps été associé aux événements tragiques qui ont façonné l'histoire tumultueuse de la Corse.
L'expert en politique corse, Jean-Marie Vincent, souligne l'impact d'Orsoni : "Il représentait un idéal pour de nombreux nationalistes, mais sa plongée dans le monde des affaires et de la violence a aussi laissé une empreinte durable et parfois sombre." En effet, cette figure charismatique, souvent décrite comme ayant un "visage de baroudeur flanqué d'un sourire hollywoodien", a suscité des passions fortes tant chez ses partisans que chez ses détracteurs.
Alors qu'il quittait cette vie lors d'un moment dirigé par la tristesse familiale, le meurtre d'Alain Orsoni rappelle que la Corse, malgré des périodes de calme, reste une terre où les tensions, qu'elles soient politiques ou personnelles, peuvent toujours resurgir de manière inattendue. Son héritage, complexe et controversé, continuera d’influer sur les débats en cours sur l’identité corse et la place du nationalisme dans la société moderne.







