Malgré des efforts considérables pour réduire les dépenses publiques, le Conseil départemental de la Gironde se retrouve dans une situation délicate, soumis à l'examen minutieux de la Chambre régionale des comptes (CRC). Lors de la séance plénière du 8 juin, la majorité a défendu ses positions budgétaires, tout en devant, selon le quotidien Sud Ouest, répondre à des critiques persistantes. Effectivement, le budget 2026 devra encore être approuvé par l'assemblée, et le plan de retour à l'équilibre financier, prévu pour 2028, est au cœur des tensions actuelles. La CRC a relevé plusieurs incohérences, notamment sur l'évaluation des fonds liés aux minima sociaux et une taxe d'État qui pourrait peser lourdement sur les budgets à venir.
Le président du département, Jean-Luc Gleyze (PS), a reconnu des divergences avec la CRC, mais a contesté l'idée d'un rapport de force entre les deux entités. Selon Gleyze, la Chambre demande simplement une meilleure classification des crédits budgétaires afin d'intégrer 86 millions d'euros de dépenses, qui pourraient augmenter le déficit pour 2025 de 38,6 à 136 millions d'euros.
Inquiétudes et ajustements budgétaires
Les raisons invoquées par la CRC, qui souligne un ajustement de 12,2 millions d'euros, semblent dérisoires au regard d'un budget total de 1,8 milliard d'euros. Le non-accord sur la prise en compte des rattachements comptables pourrait mener à des complications supplémentaires, alertent des élus de l'opposition comme Jacques Breillat, qui s'interrogent sur les implications d'une telle situation. Mélanie Dupuis, économiste à l’université de Bordeaux, explique : "Un refus de la CRC d'accepter la comptabilité peut entraîner des retards significatifs dans la gestion des fonds publics."
Répercussions politiques
Au milieu de cette tourmente, la politique locale devient un terrain de débats enflammés. Certains élus, comme Valérie Guinaudie, craignent que l'opposition exacerbe la situation médiatique, dépeignant une image déformée de l'état financier du département. Face à cette opposition et une presse parfois critique, Gleyze rappelle que l'objectif de rattraper l'équilibre budgétaire est maintenu pour 2028, défiant ainsi les demandes d'un report à 2029 formulées par la CRC.
Lors de la séance de ce lundi, les représentants de la majorité ont tenté de maintenir une position offensive face aux critiques. Laure Curvale, des écologistes, évoque une "perte de temps" qui pourrait entraver le développement de projets futurs, allant ainsi à l'encontre des enjeux politiques que le département doit affronter.
Le conseiller d’opposition Jacques Mangon n’hésite pas à fustiger la stratégie narrative de Gleyze, en soulignant que les électeurs pourraient voir le département non pas comme celui qui se redresse financièrement, mais comme celui qui a mené à une situation de crise. "Il faut que les élus soient transparents avec la population, car sans confiance, toute la politique n'est qu'une façade," conclut-il.







