Le mardi 2 juin, un vote crucial a eu lieu à l'Assemblée nationale, réunissant les députés macronistes, de droite et d'extrême droite autour d'un texte controversé. Ce dernier transcrit un accord entre le patronat et certaines organisations syndicales visant à réduire la durée des allocations chômage pour les ruptures conventionnelles. Les députés de gauche, quant à eux, ont largement contesté cette décision.
Le projet de loi a obtenu un soutien massif avec 353 voix contre 114, permettant de limiter la durée d'indemnisation de 18 à 15 mois pour les allocataires de moins de 55 ans. Pour les plus de 55 ans, la durée maximale sera portée à 20,5 mois, contrastant avec les 27 mois précédents pour les seniors. La CGT a exprimé de vives critiques à l'annonce de ces changements. « Près de 55 000 personnes pourraient perdre de 3 à 6 mois d'indemnités, particulièrement celles qui se voient contraintes d'accepter une rupture », a alerté un représentant syndical.
Une étude de l’Unédic dément l’argument de l’exécutif et du patronat
Le gouvernement, de son côté, justifie cette réforme par des fins économiques. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a souligné que cette mesure pourrait économiser un milliard d'euros par an. Selon lui, cela devrait entraîner « 15 000 retours à l'emploi supplémentaires ». Toutefois, l'Unédic a récemment publié une étude qui ne va pas dans ce sens. Selon cette recherche, 20% des chômeurs retrouvent un emploi avant même de toucher leurs premières allocations, une proportion qui atteint même 50% après quatre mois. Cependant, seulement un chômeur sur quatre réussit à maintenir son emploi, en raison de la précarité croissante des offres proposées.
La gauche n'a pas pu empêcher l'adoption de ce projet de loi, bien que certains députés socialistes se soient abstenus. Ce revers est d'autant plus marquant après une première lecture où la mobilisation dans les rangs gouvernementaux était moins forte. Les critiques se sont intensifiées, avec des voix exprimant la nécessité de protéger les droits des plus vulnérables.
Sophie Taillé-Polian, députée écologiste, a dénoncé le fait que cette réforme obligerait les plus de 57 ans à subir une baisse s'élevant à un quart de leurs allocations. Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme des « licenciements déguisés » qui privent les travailleurs de leurs droits.
Manuel Bompard, député insoumis, a également fustigé cette alliance entre le gouvernement et le Rassemblement national, affirmant qu’ils se sont unis « contre les travailleurs » dans cette initiative législative.







