Le monde de l'édition est en émoi suite au licenciement d'Olivier Nora, le directeur de la maison Grasset, par Vincent Bolloré, le patron de la maison-mère Hachette. En réponse à ce coup de théâtre managérial, 140 auteurs, parmi lesquels des figures emblématiques comme Frédéric Beigbeder, Virginie Despentes et Bernard-Henri Lévy, ont annoncé leur décision de quitter Grasset pour rejoindre d'autres éditeurs.
Olivier Nora, à la tête de Grasset depuis 2000, a été écarté sans explication par Hachette, ce qui a suscité l’indignation des auteurs. Dans un communiqué, ceux-ci déclarent : "Nous ne souhaitons pas que nos créations soient considérées comme la propriété de Vincent Bolloré", dénonçant ainsi une gestion qu’ils jugent opaque et méprisante.
Pascal Bruckner, écrivain et chroniqueur, a déclaré sur France Inter : "Bolloré tue Grasset. C'est un acte de mort. Un grand patron qui piétine son propre capital, c'est rare." Son propos souligne l'impact dévastateur que ce licenciement pourrait avoir sur une des plus anciennes maisons d'édition française.
Les auteurs ne tarissent pas d'éloges à l'égard d'Olivier Nora. "Son élégance morale et son engagement envers la littérature sont inestimables", fait valoir Frédéric Beigbeder. Il soulève aussi une inquiétude sur l'indépendance éditoriale, désormais fragilisée par cette décision, caractérisée comme une "atteinte inacceptable à la liberté de création".
Au cours des dernières années, Vincent Bolloré a évincé plusieurs dirigeants d'éditeurs, provoquant des turbulences similaires. Avec l’arrivée de Jean-Christophe Thiery, le nouveau PDG de Louis Hachette Group, la direction de Grasset semble se diriger vers une nouvelle ère, mais à quel prix pour la culture littéraire ?
Quant à l'avenir d'Olivier Nora, des pistes émergent, évoquant des maisons telles que Flammarion ou Editis. D'autres évoquent la possibilité qu'il crée son propre label, soutenu par les auteurs désillusionnés qui l’ont suivi dans cette rupture.







