Claude Guéant, "écœuré" par les déclarations de Nicolas Sarkozy, manifeste son mécontentement dans le cadre du procès en appel sur le financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.
Selon Me Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant, les insinuations de Sarkozy ont provoqué une réaction indignée de son client. "La semaine dernière, ses accusations sur la probité de Claude Guéant ont déclenché une tempête", a-t-il affirmé lors d'une interview sur RTL le 15 avril dernier.
Une lettre de Claude Guéant
Lors de son interrogatoire, Nicolas Sarkozy a qualifié Claude Guéant et Brice Hortefeux de "coupables d'imprudence" lors d'une rencontre avec le dignitaire libyen Abdallah Senoussi en 2005. Ce faisant, il a attisé la colère de Guéant, qui a réagi via une lettre, lue en audience le 14 avril. Dans ce document, Guéant insiste sur le fait qu'il n'a jamais agi par intérêt personnel, précisant que Sarkozy lui avait demandé explicitement de gérer le dossier de Senoussi.
Ce dernier, condamné à perpétuité par la justice française pour l'attentat du DC-10 d'UTA, est au cœur des allégations de financement libyen qui pèsent sur Sarkozy.
Une réaction explosive
En mettant en lumière les actions de l'ancien président, la lettre de Guéant pourrait-elle inverser le cours du procès ? "En réalité, ce n'est pas Claude qui a basculé le procès, mais bien Nicolas", accuse l’avocat, faisant référence aux tensions croissantes entre les deux hommes.
"Sarkozy charge Guéant, et cela ne pouvait que provoquer une réaction".
Me Bouchez El Ghozi évoque l'indignation de Guéant, affirmant qu'il a reçu un "coup de poing dans l'estomac" en réaction aux paroles de Sarkozy. L'ancien ministre est profondément choqué par ces accusations.
Une stratégie "suicidaire et simpliste" de Nicolas Sarkozy
D'après l'avocat, la défense de Sarkozy est jugée "suicidaire et simpliste". "Il a parfaitement connaissance des enjeux depuis des années et n'aurait jamais dû avancer de telles insinuations sans preuves", déclare-t-il.
Actuellement, Nicolas Sarkozy rejette les accusations tout en se disant victime d'une machination orchestrée pour l'évincer. Malheureusement pour Claude Guéant, son état de santé l'empêche d’être présent lors des débats. La première instance avait conduit Sarkozy à une peine de cinq ans de prison, et il a également fait face à une condamnation pour association de malfaiteurs, impliquant Guéant dans le même cadre.
Ceux qui suivent de près cette affaire notent l'importance d'une défense bien fondée. Ce procès se déroule jusqu'au 27 mai, avec un enjeu significatif pour les deux parties.







