Après avoir effectué deux mandats, Emmanuel Macron est constitutionnellement contraint de céder la place. Va-t-il choisir de rester en retrait durant la campagne présidentielle de 2027 ou interviendra-t-il pour défendre ses idées face à ses adversaires ?
"Il est très préoccupé." Cette assertion de François Patriat, leader des sénateurs macronistes, décrit bien l'état d'esprit du président, qui tente d'éviter les scénarios catastrophes. La possibilité de voir un Jordan Bardella ou une Marine Le Pen prendre les rênes du pays à la suite de son mandat l'inquiète. "Il craint réellement qu'un représentant de l'extrême droite lui succède," observe Pierre Cazeneuve, ancien conseiller d'Emmanuel Macron.
Conformément à la Constitution française, Macron ne pourra pas briguer un troisième mandat, une règle instaurée lors de la révision de 2008, à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Ce sujet suscite des tensions au sein du mouvement macroniste. "J'aurais aimé qu'il se représente. Les électeurs devraient avoir le choix," déclare Pieyre-Alexandre Anglade, un député de la majorité, soulignant l'impact limité de cette limitation sur le débat politique.
Les opinions divergent parmi les proches du président. Sabrina Roubache, ministre déléguée à la Formation professionnelle, estime que "les Français regretteront Macron," tandis que d'autres expriment des critiques sur son bilan. "Le pays est en quête de renouveau ; la continuité n'apporte plus les réponses escomptées," affirme un député influent de son camp.
Une présence difficile à définir
Quel rôle Emmanuel Macron jouera-t-il dans cette campagne présidentielle déjà en cours ? Selon ses proches, il pourrait choisir de demeurer en retrait, concentré sur ses activités internationales et les enjeux géopolitiques pressants. "Macron va rester président jusqu'au dernier moment. Il respecte les institutions et se concentre sur ses responsabilités," affirme Pierre Cazeneuve.
Multiplie ses engagements internationaux, il devra aussi répondre aux critiques croissantes. "Il sera un véritable punching-ball lors de cette campagne," déclare le politologue Benjamin Morel, qui souligne la difficulté pour les membres de l'ex-majorité d'afficher un soutien sans effacer les critiques qui peuvent les concerner.
Dans le camp présidentiel, les légendes circulent déjà sur l'absence de candidats prêts à revendiquer une succession par Emmanuel Macron. "Personne ne souhaite être désigné comme son successeur," raillait un cadre, ajoutant que "cela ne bénéficierait à personne." Une blague qui reflète l'incertitude ambiante quant à l'avenir du macronisme.
"Si Emmanuel Macron désigne un successeur, c'est qu'il a envie de le buter !"
Un cadre macronisteà franceinfo







